17 décembre, 2012

Le meunier, son fils et l’âne , raconté par l’âne

Il y a  fort longtemps, son instituteur ( trice) demanda à ma nièce et aux élèves de  sa classe de raconter cette fable du point de vue de l'âne. J'étais (déjà) métromaniaque  et lui offris cette version pour qu'elle s'en inspirât pour la sienne.   

Le meunier son fils et l'âne

Ces messieurs un beau jour décidèrent de me vendre
Ingrats et oublieux des services rendus,
Et par les quatre pattes viennent à me suspendre,
Pour, me gardant dispos, gagner quelques écus.
Nous avions fait dix pas que mes porteurs rencontrent
Des passants qui s’esclaffent en me voyant ainsi
Porté comme un pacha, et qui du doigt les montrent
Les affublant du nom que l’on me donne aussi.
A ces mots mes patrons sur la terre me laissent
Et à mon grand regret me remettent sur pieds
Tandis que le plus jeune dessus mon dos se dresse
Et laisse le barbon trotter à nos côtés.
Nous allions ainsi sur le chemin de terre,
Le père me conduisant  alors par le licol
Quand, nous croisant bientôt, trois marchands conseillèrent
Au fils de descendre aussitôt sur le sol
Et de laisser monter le vieil homme à sa place,
Ce qu’il fit aussitôt et sans se faire prier.
Et sans se soucier qu’à la fin je me lasse,
Nous voilà repartis. Quand au bout d’un sentier
Trois filles s’étonnèrent de voir le vieux sur moi,
Tandis que l’héritier qui leur plaisait sans doute
Marchait en conduisant son père ainsi qu’un roi...
Elles nous dirent deux mots sur le bord de la route
A la suite desquels, et pour tout réconfort
Le fils lui aussi se hissa sur mon dos.
Et sans se tracasser  le moins de mon  effort,
Me chargeant sans merci de leur double fardeau.
Et c’est un peu plus loin, qu’en chemin nous croisâmes
Un petit groupe encore qui trouva à redire,
Les traitant de sans cœurs, de  méchants, de sans âmes
Et parlèrent si bien que tous deux descendirent.
Ainsi débarrassé d’un poids  considérable,
Tout gaiement je trottais et libre devant eux,
La vie me devenait de nouveau agréable
Lorsqu’un dernier manant  s’en prit à ses messieurs
Leur conseillant alors de me mettre sous verre
Ou de me transformer en âne de salon ;
Et c’est après cela que le vieux en colère
Décida pour la fin d’agir à sa façon...

Ah ! Puisse Buridan connaître cette histoire
Lui dont l’âne jamais ne pouvait décider
Vaut-il mieux comme lui à chaque instant surseoir
Ou bien  à  l’opinion des gens se conformer



2 commentaires:

daniel a dit…

Comme c'est mignon ce poème !
Aliboron, le petit âne gris, mulets & bardots, l'ADADA (Association Nationale des Amis Des Anes) et tous les ânes du Poitou apprécieront !
Hi Han !

P. P. Lemoqeur a dit…

Ben oui, je suis donkey-friendly

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