05 novembre, 2012

Poitiers, sous les pavés, Poitiers



Cette place que j'ai connue enfant réduite à l'état de parking fut aménagée dans les années soixante-dix comme on le faisait à l'époque, en y plantant des arbres qui abritaient l'été les terrasses des bistrots, au milieu une dalle entourée de massifs cernée par un  muret sur le pourtour où l'on pouvait s'asseoir, "on aurait dit le sud"... Les autos certes passaient autour, les bus aussi, mais lentement sans être une véritable nuisance, pas au point en tous cas de justifier la transformation de l'endroit qui est désormais aussi gai et accueillant qu'une place d'apparat à Pyongyang ou l' Alexanderplatz d'avant la chute du mur. Ce lieu où l'on s'asseyait volontiers se traverse désormais en hâte, comme si l'on craignait big brother... Les arbres ont été pour la plupart éradiqués, et toute la surface aplanie et légèrement en pente, mais dans le mauvais sens bousculant la perspective de la manière la plus idiote puisqu'elle donne l'impression que l' hôtel de ville s'enfonce... Les sols de la place, de la rue qui la relie à la préfecture et de toutes les rues piétonnières à l'entour sont pavés exactement de la même couleur, d'une sorte de marbre coquille d'œuf qui donne par cette uniformité forcenée une allure de pissotière géante à tout le quartier.

Mais comme de toutes façons, le nouveau plan de circulation de la ville destiné à proscrire tout usage de l'auto vous envoie par un dispositif centrifuge irrémédiablement vers l'extérieur, vous vous découragerez d'y entrer et ainsi n'en verrez pas la pitié.

J'espère qu'au moins ça a coûté très cher, et que les poitevins, pénalisés par leurs impôts locaux expient cette monstruosité qu'ils ont sans tiquer laissé faire.

2 commentaires:

daniel a dit…

Ils ont laissé faire...
En tous cas, aujourd'hui tous s'accordent à penser que c'est une catastrophe !
C'est comme si les "grands céréaliers" qui font "la paix sociale" dans la région depuis des lustres, en avaient eu d'un coup un peu marre d'être les "démocrates-bienfaiteurs" qui s'engraissent en cachette et avaient voulu rappeler à tous, qui ils étaient et qu'ils pouvaient à l'occasion montrer les dents !
La lutte des classes poitevines !
D*

riskofil a dit…

Ce n'est pas sans rappeler l'architecture roumaine sous Ceaucescu. Surtout pas de recoin où dissimuler quoi que ce soit. Je n'ai pas encore vu les dégâts en direct mais ça ne fait pas envie.

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