Dès potron-minet, ça a commencé. Camus par-ci, Camus par-là. Les spécialistes, les experts, les philosophes, les historiens, les qui l'ont connnu, les qui auraient bien voulu et les qui font croire que, ils sont venus, ils sont tous là, certains ont apporté leur opuscule ou leur somme, tous neufs, à vendre à l'occasion.
Et force est de constater que c'est pas facile à vendre, Camus, même "on Camus day" ! Quelle que soit l'énergie dépensée, Camus reste une sorte de gaz inerte. Est-il noir, est-il blanc, à rayures, est-il coco masqué mais anti-stalinien, est-il honteux de droite anti-colonialiste. Le problème de Camus, c'est le syndrome de James Dean. Trop beau et mort trop tôt. Ben oui, souvenez-vous, il y avait d'un coté Sartre qu'était petit, vilain comme un pou et méchant comme une teigne, et de l'autre, il y avait Camus, grand beau, au regard si doux et si élégant... Les combats, les bons comme les mauvais, de Sartre se sont prolongés jusqu'à sa mort, dans son lit. Camus, par la force des choses et celle du V8, y a des doutes... Qu'aurait il fait face au Vietnam, qu'aurait-il fait en 68 en 81... On ne peut, semble-t-il par rapport à ses écrits, qu'extrapoler. Et ça, même s'il n'y est strictement pour rien, c'est bien commode. Tenez, moi y a un truc qui me turlupine, c'est la tentative heureusement avortée de le panthéoniser. Ok, il y avait le calendrier des commémorations qui urgeait, mais les conseillers du Grand Panthéonisateur ne le lui ont pas suggéré sans raison. Camus est beau, Camus est lisse, Camus est intouchable, enfin en apparence et vous savez, mes bons amis, leur importance, aux apparences ... Allez, je vais faire ce qu'on attend. Je vais commencer par relire l' "Étranger"...ou "La Peste", je sais pas encore, et puis si j'ai le courage, je lirai un peu du reste que j'ai pas lu, mais si j'ai le courage seulement, parce que je vais vous dire, quand j'étais jeune, Camus, il m'emmerdait, que vous pouvez pas imaginer !
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