06 avril, 2012

Fil d'écosse... (chronique poitevine)

Madeleine G. fille de cheminot comme ma mère - leurs pères conduisaient des motrices à vapeur de Poitiers à Limoges via Saint Sulpice Laurière - possédait en plein Poitiers-Centre une belle, florissante et très à la mode boutique d'accessoires de cuisine et d'électroménager.
N'ayant pas fait d'études, elle avait en revanche dès les années cinquante, activé avec efficience et virtuosité l'ascenseur social. Personne, puisqu'elle était toujours demoiselle, mais d'une rare élégance n'osait, à une époque où c'était d'importance, mettre en doute sa vertu ni la sincérité de son célibat, n'attribuant sans songer un instant à l'intervention d'un quelconque et fort discret mécène, sa réussite qu'à son travail, son honnêteté et son goût du commerce.
Mais le bruit courrait quand même parmi les femmes honnêtes du voisinage de ses parents, c'est à dire aussi du notre, qu'elle se vantait en douce à certaines de ses amies de se tricoter au crochet des petites culottes en fil d' Écosse rouge et à l'entrejambe, me rappelle-t-on aujourd'hui, fort étroit...

1 commentaire:

daniel a dit…

C'est un merveilleux fantasme à réactiver pour revivifier la poésie érotique poitevine qui on le sait dépasse les limites départementales jusqu'à titiller les papilles d'icelle & d'icelui, tout ceux qui goûtent cela : une petite culotte crochetée en fil d'écosse rouge par les douces mains d'une demoiselle Madeleine tenant boutique en la ville de Poitiers...
C'est insolent au possible...en ces temps d'oublies !
D*

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