28 juin, 2013

Le jour où Jean-Marie s'en fut au Paradis

C'est alors qu'un vieillard auguste autant que borgne se présenta au Paradis. Il sonna à la grande cloche dont la chaîne pendait à droite d’un superbe portail en nuage sculpté. Il entendit des pas feutrés, des frottis de plûmes empesées qui s’approchaient de derrière l’huis. Un petit judas s’ouvrit à hauteur d’homme derrière la grille duquel un œil au regard perçant se glissa . “Qui êtes vous ?” demanda la voix de l’intérieur. “C’est moi, c’est le petit Jean-Marie, Grand Saint Pierre ! s'annonçant de sa voix encore tonitruante   “ ????? " eut-il pour toute réponse. Oui, le petit Jean-Marie qui allait au catéchisme, et qui servait la messe, à la pension, chez les pères, en Bretagne ! " . “ Mais, barytona la voix derrière la porte, des "petits Jean-Marie", qui plus est des bretons, il y en a pléthore, depuis le temps, vois-tu ? ” “ Mais enfin, je suis le petit Jean-Marie qui, même orphelin pupille de la Nation, faisait la joie de ses parents, qui travaillait bien à l’école, qui avait toujours la croix, j'aimais bien toutes les croix, tiens regarde, Bon Saint Pierre, je l’ai encore, accrochée à ma chemise kaki et celle-là pour " Services Rendus" ! ”. Et avant de venir j'ai baisé ma gégène avant de la faire bénir et je me suis confessé, en latin, auprès d'un très saint prêtre de Saint Nicolas et j'ai été absout, tenez j'ai l'ausweis ! Le Bon Saint Pierre dont la vue autant que l’ouïe commençait à baisser voulu voir ça de plus près. Il fit à l’aide de quelques anges portiers basculer la bobinette et dans la foulée, la chevillette chut. L’impétrant se glissa aussitôt à l’intérieur, dans l’antichambre. Une immense baie vitrée permettait de voir le Paradis. Il y avait des gens très différents les uns des autres. Des noires en boubous , des arabes en djellaba, des asiatiques enturbannées, des indoues à demi-nues,  des juifs en kippas, ourlés de phylactères, des petites mexicaines basanées... Tout ce gentil monde, le voyant débarquer, se tapait sur le ventre en rigolant très fort.

3 commentaires:

daniel a dit…

Il est crevé ce vieux con ?!

Calyste a dit…

Ton texte me fait penser à un autre que je faisais lire à mes troisièmes en latin: l'apocolochintose, ou transformation de l'empereur Claude en citrouille, écrit par Sénèque pour complaire à son élève Néron, sans doute. Va jeter un coup d’œil là-dessus: tu vas rire.

P. P. Lemoqeur a dit…

Non, mais le propre de l'artiste n'est-il pas d'anticiper ?

Rêver !

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