15 avril, 2013

Petite lettre des temps anciens ou " Ach, la guerre groß malheur ! "

Exercice de style.

Petite lettre imaginaire de pendant la seconde guerre mondiale
ou " Ach, la guerre, Groß Malheur!

le 23 mars 1943
Mon Kurt chéri,

Cela fait déjà une semaine que tu es parti en manœuvres et je me languis de toi. J’espère que la construction du mur avance et que tu ne prends pas de risques inutiles

J’ai reçu ce matin de Marcel une lettre d’Allemagne. Les fermiers chez qui il est placé ont, grâce à ton intervention qu’il ignore bien sûr, amélioré son traitement, et il semblerait, même s'il s'ennuie un peu, qu’il commence à s’y plaire et à apprécier le vin de Franconie.

Je lui raconte, car il est demandeur, nos ébats les plus chauds comme si c’étaient mes fantasmes personnels et secrets dont il serait le héros, en prenant garde toutefois à ne pas confondre vos toisons, tu sais qu‘il est aussi brun que tu es blond, toi, mon petit prussien d’amour. Il me retourne sur le même ton, de lettre en lettre, quelques badineries qu’il invente à longueur de temps - il n'en manque pas - et que nous essaierons toi et moi, dès ton retour que j’espère très prochain.

Nous avons eu hier la visite avant qu’il s’installe ici d’un jeune Feldwebel d'artillerie qui se prétend ton cousin, presque une sorte de frère. Tu sais ma méfiance. Il m’a, sur mes interrogations réitérées, donné quelques détails tout à fait convaincants sur ton anatomie que seule une fréquentation familiale assidue, les contingences de la vie de caserne ou celle du sauna pouvaient lui faire savoir.

Quoi qu’il en soit, tu peux être tranquille, je ne suis, tu le sais, la femme que d’un seul homme. Nous attendrons ton retour, puisque ton colonel nous oblige à le loger, pour envisager, un éventuel regroupement au sein de mes appartements, la maison est, tu le sais, trop grande pour voir, malgré les efforts de ta compagnie, toutes ses pièces chauffées en permanence et ce d'autant plus que c'est notre bois qui y passe, fût-ce sans dévaster les meubles ou les planchers.

Ah, pendant que j’y pense, papa a découvert grâce à son ami l’Oberstleutant von L., en échange des services que tu sais, un stock de pneus tous neufs mais il préfèrerait pour les négocier attendre ton retour, il a, tu le sais, une entière confiance en toi.

J’attends de tes nouvelles au plus vite et je t’embrasse tendrement.
Ich liebe dich !
Ta douce Mariane qui t’aime,

Il s'agit bien sûr d'une fiction. mais comme chacune sait , "la réalité...

4 commentaires:

daniel a dit…

C'est marrant et ça m'énerve, j'ai l'impression d'avoir déjà lu cette lettre pleine d'une "adorable" duplicité, mais impossible de me rappeler où, dans quel ouvrage, ou dans quel scénario de film ?!
ça m'énerve !
ça m'met en boule !
ça m'turlupine !
ça m'brasse !
ça m'exagère !

P. P. Lemoqeur a dit…

ne t'énerve pas inutilement ! je l'ai déjà publiée il y a un ou deux ans mais je l'ai en partie ré-écrite...
J'aurais dû le dire !

temps a dit…

Temps qu'il y aura des hommes,
il y aura des croyances, qui créerons des joies, des peines. A chacun sa drogue imaginative.
Cordialement

P. P. Lemoqeur a dit…

Cher Temps, j'avoue...

"Je comprends ce que vous dites, mais ce que vous voulez dire en disant ce que vous dites, ça je ne le comprends pas"

Marguerite Duras ...in "Le Shaga".

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