27 mai, 2009

Faire son deuil...

On parle de cette histoire de ce dingue qui a tué un gamin à coups de couteau il y a quelques temps et qui ne sera pas jugé en raison de sa folie. La question reste entière. Mais une chose est certaine, cette idée de deuil qui ne pourrait se faire que par le truchement d'un jugement et de réparations est une foutaise. On doit juger pour des faits, c'est tout, c'est nécessaire et suffisant Mais faire croire aux gens qu'on peut "faire son deuil" est une malhonnêteté absolue-crasse. Car quelle que soit la cause de la perte de ceux qu'on aime, on ne fait pas son deuil, jamais, vous entendez ? jamais ...

7 commentaires:

lesa a dit…

d'abord, ça veut dire quoi faire son deuil?

P. P. Lemoqeur a dit…

Et bien justement...
Personne n'est foutu de le dire précisément, pas plus que sérieusement.

On ne peut donc tenter de définir l'expression dans son sens actuel qui est celui que lui donnent les médias que par déduction...

Il s'agit en fait d'une sorte de présupposé comportemental qui voudrait qu'après la mort d'un proche on finisse par trouver un apaisement à notre douleur, au déficit, au manque de l'autre...
et que ce réglement de la douleur pourrait se faire comme par magie en faisant intervenir des actes sociaux de types procés ou adhésion à des promesses confessionelles de retrouvailles post-mortem, ou personnels façons thérapies...(d'où l'efficacité redoutable des religions et sectes dans ce cas de figure)

Il s'agit donc d'une imposture, le seul palliatif à la disparition anticipée ou non de l'autre étant, nous en conviendrons, son immédiate résurrection...

Il est probable que même les psys n'ont pas encore compris le rapport entre ce concept et le discours populaire qui dit de manière uniquement affirmative "J'en ai fait mon deuil !" quand on parle d'un renoncement à un bien qu'on a perdu ou qu'on nous a volé... Ne dit-on pas aussi dans le même cas, "J'ai fait une croix dessus" ce qui veut dire deux choses :"je l'ai rayé de mes préoccupations", tout autant que "j'ai fait le "signe de croix " dessus"...

Anonyme a dit…

cher pp et lesa
Mon explication de texte: "faire son deuil" = arrêter de faire ch...le monde avec ses larmes, sa souffrance, ses souvenirs à vif du/ de la disparu. L'abjuration, toujours faite sur un ton raisonnable, est destinée à culpabiliser l'endeuillé-e. celui ou celle qui n'arrive pas à faire son deuil = un/une emmerdeux-euse. Le pire en la matière sont ses gens bien intentionnés qui vous conseillent d'arrêter d'y penser, d'arrêter d'en parler parce que "tu te fais du mal". Non, parler des morts qui me sont chers, désolée, moi cela me fait du bien.
bises à vous deux et tendre pensée à nos morts communs.
Angevine

Marie-Laetitia a dit…

Avez vous lu "le passant chagrin" d'Andrew holleran ?
Faire son deuil quand on vous somme d'y parvenir c'est "ferme ta gueule".
Faire son deuil, dans son for intérieur, voilà comment je le vois c'est purement personnel, c'est réussir, je ne sais comment, à parvenir à cet état où l'on peut convoquer sans trop de douleur les bons souvenirs.

amel a dit…

Aucun psy ne m'a jamais vraiment répondu sur cette question mais le comble c'est que lorsque j'ai dit presque dans les mêmes termes que vous que cela était une invention pour faire taire la douleur, on m'a répondue : vous faîtes un deuil pathologique!

Anonyme a dit…

Deuil pathologique?! Quel pléonasme! Comment un deuil ne serait-il pas pathologique? Existerait-il des deuils légers et joyeux? Je souscris 100% aux propos de Marie-laetitia: arriver à ce que le plaisir de convoquer le souvenir des morts ou de les retrouver, en rêve (expérience fabuleuse) dans leur épaisseur de vivant soit plus fort que la douleur de leur perte.
angevine

Anonyme a dit…

Pour un psy, le travail de deuil est un peu plus compliqué...c'st une épreuve mais cela n'a rien à voir avec le cliché journalistique... Il s'agit parfois de survivre ou, en tout cas, de pouvoir vivre après un traumatisme profond...Un enfant de la guerre qui a vu ses parents massacrés a quelque difficulté à se vivre... Et ce n'est pas une mince affaire que de le mettre en paix intérieure...Plus ou moins... Et là, le travail du deuil, vivre avec ces morts, ce n'est pas de la tarte...

Qu'on arrête de tirer sur les ^psy..J'en fréquente qui se sont occupés de personnes ayant connu la torture (il y a un centre pour ça en Suède) et leur boulot, crucial est formidable... Et il comporte beaucoup d'aide au vrai travail de deuil quabnd on n'est pas vraiment dan sle cliché...
Ah, il y a aussi les filset fille decriminels...Hé oui, Dutroux a des enfants... il faut s'en occuper de ces mômes qui vivent en institution sou defausses identités...La,,le duilo peut quasiment s'opérer sur un vivant...Mais bon, c'est autre choseEt parfois on peut parler de son propre deuil, genre syndrome de Cottard, quand on croit être mort (eh oui, cette mélancolie là existe)

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