31 mars, 2012
29 mars, 2012
APPARENCES
Eh bien je vous l'avoue, depuis quelques jours, je n'ose plus sortir. J'ai peur qu'on remarque mon apparence chrétienne, pire, catholique, romaine et apostolique ...
Vous savez, nul n'est à l'abri d'un jet d'eau bénite, d'un coup de goupillon, voire d'un crucifix intégriste planté entre les omoplates... !
Vous savez, nul n'est à l'abri d'un jet d'eau bénite, d'un coup de goupillon, voire d'un crucifix intégriste planté entre les omoplates... !
28 mars, 2012
Chroniqueuses politiques ou "Attendez-vous à savoir ! car j'ai encore appris !"
Il ne faut pas oublier qu'avant la très insipide et pâlichonne de droite Catherine Ney, la revêche et politiquement tout terrain Arlette Chabot, il y eut leur mère à toutes, leur sainte patronne, leur déesse aux mille langues.Non, ce ne fut pas la délicieuse, la si fashion et si suave et guimauve centriste Françoise Giroud, non, ce fut l'énorme, la gigantesque, l'inclassable et tonitruante Geneviève Tabouis aujourd'hui quelque peu oubliée.
Geneviève Tabouis commença ses chroniques dès les années trente, fit œuvre, pendant"la guerre", de résistance active, devint copine avec Eleonor Roosevelt, et quelques temps encore avant sa mort en 1985, on pouvait l'entendre régulièrement sur Radio Luxembourg (dont elle avait épousé un demi siècle avant le PDG), commencer de sa voix et de sa diction de comédienne du Français, mi-Marie Marquet mi-Marguerite Moreno ses chroniques politiques par l'inévitable et générique "Attendez-vous à savoir" suivi du très nécessaire "j'ai encore appris !" Et c'était vrai, vu sa longévité, elle connaissait tout le monde sur au moins trois générations et autant de républliques...
C'est en raison de son discours invariablement péremptoire, que Jean Yanne qui était, faut reconnaître, 90 % de son temps génialement drôle, avait inventé en son honneur, pour évoquer d'un trait un propos sans conteste, le verbe "nevièvetabouir" qu'on conjuguait ainsi :
Je nevièvetabouis,
Tu nevièvetabouis
Il nevièvetabouit...
Geneviève Tabouis commença ses chroniques dès les années trente, fit œuvre, pendant"la guerre", de résistance active, devint copine avec Eleonor Roosevelt, et quelques temps encore avant sa mort en 1985, on pouvait l'entendre régulièrement sur Radio Luxembourg (dont elle avait épousé un demi siècle avant le PDG), commencer de sa voix et de sa diction de comédienne du Français, mi-Marie Marquet mi-Marguerite Moreno ses chroniques politiques par l'inévitable et générique "Attendez-vous à savoir" suivi du très nécessaire "j'ai encore appris !" Et c'était vrai, vu sa longévité, elle connaissait tout le monde sur au moins trois générations et autant de républliques...
C'est en raison de son discours invariablement péremptoire, que Jean Yanne qui était, faut reconnaître, 90 % de son temps génialement drôle, avait inventé en son honneur, pour évoquer d'un trait un propos sans conteste, le verbe "nevièvetabouir" qu'on conjuguait ainsi :
Je nevièvetabouis,
Tu nevièvetabouis
Il nevièvetabouit...
27 mars, 2012
Vite en raccourci...
Malgré les tristes événements des jours passés, malgré ces crimes d'un seul homme (est-ce d'ailleurs si certain ?), contrairement à ce que d'aucuns auraient cru (je n'ai pas dit souhaité), la préoccupation sécuritaire n'a plus du tout l'importance dont on aurait imaginé qu'elle l'eut encore, voire toujours plus pour le profit électoral de certains et de certaine...
La peur du terrorisme si elle existe toujours ne peut plus comme autrefois être exacerbée à l'envi par les discours sécuritaires obsolètes et itératifs et purement rhétoriques .
Il faut comprendre : lorsqu'on ne sait plus, de jour en jour de quoi on va vivre, on a de moins en moins peur de mourir, fût-ce au hasard d'une rencontre des plus hypothétiques avec un terroriste, même dans les cas dramatiques des sept victimes récentes...
Ce n'est pas pour autant qu'on cède au désespoir, au contraire ! Car on est en revanche prêt à se battre pour qu'elle reste décente, cette vie qui nous reste...
L'ennemi le plus dangereux n'est plus le terrorisme idéologique ou pseudo religieux dont on peut craindre la folie meurtrière autant qu' hasardeuse que le terrorisme libéral en col blanc et ses sbires réguliers grands flingueurs des "Marchés" qui quotidiennement vous tuent à petits feux sans risquer le moindre assaut des forces de police...
Il ne s'agit pas ici d'exonérer quiconque de sa nocivité. Mais si l'on faisait très sérieusement les comptes, les capitalistes libéraux qu'ils soient européens démocratiquement élus, ou tyrans moyens orientaux dont ils sont encore pour certains les alliés objectifs, ont plus de morts sur la conscience que la nébuleuse nuisible, folleyante et odieuse Al Qaïda...
La peur du terrorisme si elle existe toujours ne peut plus comme autrefois être exacerbée à l'envi par les discours sécuritaires obsolètes et itératifs et purement rhétoriques .
Il faut comprendre : lorsqu'on ne sait plus, de jour en jour de quoi on va vivre, on a de moins en moins peur de mourir, fût-ce au hasard d'une rencontre des plus hypothétiques avec un terroriste, même dans les cas dramatiques des sept victimes récentes...
Ce n'est pas pour autant qu'on cède au désespoir, au contraire ! Car on est en revanche prêt à se battre pour qu'elle reste décente, cette vie qui nous reste...
L'ennemi le plus dangereux n'est plus le terrorisme idéologique ou pseudo religieux dont on peut craindre la folie meurtrière autant qu' hasardeuse que le terrorisme libéral en col blanc et ses sbires réguliers grands flingueurs des "Marchés" qui quotidiennement vous tuent à petits feux sans risquer le moindre assaut des forces de police...
Il ne s'agit pas ici d'exonérer quiconque de sa nocivité. Mais si l'on faisait très sérieusement les comptes, les capitalistes libéraux qu'ils soient européens démocratiquement élus, ou tyrans moyens orientaux dont ils sont encore pour certains les alliés objectifs, ont plus de morts sur la conscience que la nébuleuse nuisible, folleyante et odieuse Al Qaïda...
26 mars, 2012
Mohamed Merah, un mort itinérant.
Depuis qu'il a été copieusement sulfaté un peu façon Mesrine après avoir commis ses horribles et imprévisibles méfaits, Mohamed Merah est l'objet d'une reconstitution d'itinéraire étonnante qui va des lieux de ses débuts de possible salafiste à celui hypothétique de son inhumation prochaine, on sait, que ce soit en bien ou en mal, depuis le Duc de Guise que l'on est plus grand mort que vivant... .
Et tout le monde a vu l'homme qui a vu l'homme qui a tué... On va bientôt pouvoir le tracer, de la boulangerie du coin à la pizzeria halal de l'autre, du camp d'entrainement au Club Med, de Jérusalem à Kaboul, en passant par les discounters de banlieue, les marchands de sapes à la mode, les fourgueurs de kalachnikovs, les librairies pieuses, les repas familiaux, les querelles intestines, les boites de nuit où le videur n'est pas raciste et les filles qu'on loue pour un moment de plaisir...
On va tout savoir de sa vie minute pas minute, du billet d'avion au passe Navigo jusqu'au moindre ticket de caisse. Ça finit par tourner à l'inventaire, au manifeste du navire de guerre prêt à l'attaque, puis, parce que c'est vendeur, à la folliculaire narration.
Le problème, c'est que c'est un peu tard... et que quoi qu'on fasse, qu'on cherche ou qu'on trouve, on ne saura jamais le plus important si tant est que ce soit quelque peu paradigmatique donc utile : ce qu'il avait dans le crâne qui le fit meurtrier ...
Alors, si on lui foutait la paix puisqu'il est mort, exécuté fût-ce de son fait en l'ayant bien cherché, sans même avoir été jugé, jouissant désormais sans entrave et pour toujours des cent vierges éternelles du paradis d'Allah ?
Soyons clairs : Mohamed Merah est mort et tout mort qu'il est, avec soin, il nous emmerde et pour quelques temps encore.
Et tout le monde a vu l'homme qui a vu l'homme qui a tué... On va bientôt pouvoir le tracer, de la boulangerie du coin à la pizzeria halal de l'autre, du camp d'entrainement au Club Med, de Jérusalem à Kaboul, en passant par les discounters de banlieue, les marchands de sapes à la mode, les fourgueurs de kalachnikovs, les librairies pieuses, les repas familiaux, les querelles intestines, les boites de nuit où le videur n'est pas raciste et les filles qu'on loue pour un moment de plaisir...
On va tout savoir de sa vie minute pas minute, du billet d'avion au passe Navigo jusqu'au moindre ticket de caisse. Ça finit par tourner à l'inventaire, au manifeste du navire de guerre prêt à l'attaque, puis, parce que c'est vendeur, à la folliculaire narration.
Le problème, c'est que c'est un peu tard... et que quoi qu'on fasse, qu'on cherche ou qu'on trouve, on ne saura jamais le plus important si tant est que ce soit quelque peu paradigmatique donc utile : ce qu'il avait dans le crâne qui le fit meurtrier ...
Alors, si on lui foutait la paix puisqu'il est mort, exécuté fût-ce de son fait en l'ayant bien cherché, sans même avoir été jugé, jouissant désormais sans entrave et pour toujours des cent vierges éternelles du paradis d'Allah ?
Soyons clairs : Mohamed Merah est mort et tout mort qu'il est, avec soin, il nous emmerde et pour quelques temps encore.
25 mars, 2012
le troisième œil de Mme Van Huin
Ceux qui ont fréquenté le quartier Maubert dans les années 70 se souviennent des trois ou quatre épiceries extrêmes orientales où l'on trouvait, c'était rare à l'époque,du nuoc mam et de la sauce soja au litre, de l'huile de sésame, ces galettes de riz dont je faisais moi-même mes nèmes et mes rouleaux de printemps, quelques légumes invraisemblables et un tas de produits de base pour se faire globalement une bouffe d'inspiration vaguement chinoise et bien sûr déjà, de l'excellente bière Tsing Tao. Le treizième arrondissement en pleine construction n'était pas encore l'étonnant chinatown qu'il est maintenant devenu.
On l'appellera Mme Van Huin, et elle tenait l'une de ces boutiques. C'est à dire que posée telle un "gardien du foyer" derrière sa caisse à l'entrée du magasin, elle surveillait,sans caméra aucune, le client jusqu'au fond de sa boutique et calculait sans jamais se tromper le contenu du petit panier de métal que vous lui présentiez, inutile en revanche de lui demander un renseignement ou un conseil sur l'utilisation d'un produit... Elle était curieusement, altérité oblige, profondément antipathique, tant elle était caricaturale, comme sortie directement du Lotus Bleu de Hergé. Elle portait sur sa tenue traditionnelle boutonnée jusqu'au cou une blouse blanche d'épicière toujours impeccable, et lorsqu'elle se laissait aller rarement à sourire, c'était comme un regret, au vu de ses dents en or, de n'en avoir comme tout le monde que trente-deux, pas plus...
Arrivèrent, fin de guerre du Viet Nam, exils, horreurs cambodgiennes, et autres joyeusetés sous continentales, les boat-peoples par vagues. Madame Van Huin ajouta alors une branche des plus florissantes à son petit commerce pourtant déjà prospère.
Je la surpris un jour, revenant dans sa boutique, trois minutes à peine après l'avoir quittée pour acheter je ne sais quoi que j'avais oublié, une loupe de bijoutier fixée à l'œil gauche évaluant en experte une bague qu'une de ses compatriotes fraîchement débarquée était entrée lui vendre dès que j'étais sorti.
On l'appellera Mme Van Huin, et elle tenait l'une de ces boutiques. C'est à dire que posée telle un "gardien du foyer" derrière sa caisse à l'entrée du magasin, elle surveillait,sans caméra aucune, le client jusqu'au fond de sa boutique et calculait sans jamais se tromper le contenu du petit panier de métal que vous lui présentiez, inutile en revanche de lui demander un renseignement ou un conseil sur l'utilisation d'un produit... Elle était curieusement, altérité oblige, profondément antipathique, tant elle était caricaturale, comme sortie directement du Lotus Bleu de Hergé. Elle portait sur sa tenue traditionnelle boutonnée jusqu'au cou une blouse blanche d'épicière toujours impeccable, et lorsqu'elle se laissait aller rarement à sourire, c'était comme un regret, au vu de ses dents en or, de n'en avoir comme tout le monde que trente-deux, pas plus...
Arrivèrent, fin de guerre du Viet Nam, exils, horreurs cambodgiennes, et autres joyeusetés sous continentales, les boat-peoples par vagues. Madame Van Huin ajouta alors une branche des plus florissantes à son petit commerce pourtant déjà prospère.
Je la surpris un jour, revenant dans sa boutique, trois minutes à peine après l'avoir quittée pour acheter je ne sais quoi que j'avais oublié, une loupe de bijoutier fixée à l'œil gauche évaluant en experte une bague qu'une de ses compatriotes fraîchement débarquée était entrée lui vendre dès que j'étais sorti.
24 mars, 2012
Une amie de ma mère délicate et fort bien élevée (chronique poitevine)
Un jour qu'elles se promenaient à la campagne où mes parents étaient venus leur rendre visite dans la maison qu'ils louaient, elle et son mari pour les vacances, elles furent, à la croisée d'un chemin, devancées par un vieux paysan sortant d'un champ de luzerne en poussant une brouette. Son amie s'approcha de ma mère et la main en cornet lui chuchota au creux de l'oreille : "C'est, lui, c'est le sourd dont je vous ai parlé !"
23 mars, 2012
Histoire vraie de la campagne, côté vallée de la Vienne. (chronique poitevine)
Ma sœur qui la vécut la raconte bien mieux en patoisant à souhait.
Je vous la sers telle quelle, en en oubliant, en en ajoutant, comme je peux en me rappelant la manière mille fois plus savoureuse dont elle la raconte.
Ça se passe vers 1968...pas au moyen-âge dans un village de cent habitants hameaux compris...
La "Gargane" (ici personne n'a de nom autre que son surnom, la plupart du temps savoureux et fort bien trouvé.) sexagénaire tordu, vicelard et malfaisant précipite un matin pour s'en débarrasser sa chienne de mère octogénaire (c'est pas une raison...) dans l'escalier de la cave. Il remonte, crie au secours : les voisins accourent.
Au pied de l'escalier près des barriques devant la vieille recroquevillée comme une blatte desséchée dans sa robe et son sarrau noir :
- ben, a buffe plus !
- pour sûr, qu'a buffe plus, a l' est cuervée !
- I' avait pourtant dit pas descendre toute seule !
- ben oui, olé de même avec les vieux... on peut rein leur dire !
Je vous la sers telle quelle, en en oubliant, en en ajoutant, comme je peux en me rappelant la manière mille fois plus savoureuse dont elle la raconte.
Ça se passe vers 1968...pas au moyen-âge dans un village de cent habitants hameaux compris...
La "Gargane" (ici personne n'a de nom autre que son surnom, la plupart du temps savoureux et fort bien trouvé.) sexagénaire tordu, vicelard et malfaisant précipite un matin pour s'en débarrasser sa chienne de mère octogénaire (c'est pas une raison...) dans l'escalier de la cave. Il remonte, crie au secours : les voisins accourent.
Au pied de l'escalier près des barriques devant la vieille recroquevillée comme une blatte desséchée dans sa robe et son sarrau noir :
- ben, a buffe plus !
- pour sûr, qu'a buffe plus, a l' est cuervée !
- I' avait pourtant dit pas descendre toute seule !
- ben oui, olé de même avec les vieux... on peut rein leur dire !
Pas de preuve, l'omerta n'est pas que corse. "Accident domestique, rupture des cervicales dues à une chute " dit le toubib qu'en a vu d'autres et qui devrait passer son temps à refuser les permis d'inhumer au risque d'y sacrifier son carnet à souche .
Faut faire la toilette de la morte.
On lui met les affûtiaux qu'elle a utilisés pour en enterrer une autre plus vieille encore y a pas un mois.
Lui, le fils, qui l'a un peu poussée, allez savoir pourquoi, il veut lui mettre ses chaussures, à tout prix ! Elles veulent pas entrer, rigidité cadavérique, il force il veut pas l'enterrer pieds nus question d'honneur ou de fétichisme, allez savoir...
- Est- t(o)u que tu veux l'emmener au bal ? dit la voisine qui sait tout et qui se marre en douce...
Je ne fais que retranscrire comme je peux un pan d'anthropologie rurale dont ma sœur ainée est l'un des derniers témoins crédibles et savoureux
Le diable probablement
Une jeune femme de fort belle allure, mais d'une modestie exemplaire se tuait en tâches subalternes épuisantes et mal rémunérées. "Elle tirait comme on dit le diable pas la queue" .
Un jour, Dieu sait pourquoi, comme touchée par la grâce, elle finit par se dire : "Le diable ? pourquoi toujours le diable ?".
C'est ainsi qu' elle devint rapidement riche et très convoitée.
Un jour, Dieu sait pourquoi, comme touchée par la grâce, elle finit par se dire : "Le diable ? pourquoi toujours le diable ?".
C'est ainsi qu' elle devint rapidement riche et très convoitée.
Alla Victor, un peu...
Lorsqu'il fut éreinté de tant de sacrifices,
D'énergies gaspillées et de peines perdues
Il partit, renonçant aux idées réductrices,
Aux armes qu'aux humains elles avaient vendues.
Mais ne put s'empêcher tant la nature est forte
De garder entr'ouvert un petit coin de porte
Pour, gisant en son trou, bannissant tout chagrin
De son œil, dans la tombe, les contempler, câlin...
D'énergies gaspillées et de peines perdues
Il partit, renonçant aux idées réductrices,
Aux armes qu'aux humains elles avaient vendues.
Mais ne put s'empêcher tant la nature est forte
De garder entr'ouvert un petit coin de porte
Pour, gisant en son trou, bannissant tout chagrin
De son œil, dans la tombe, les contempler, câlin...
Une vocation trouvée
Ce n'est qu'une fois qu'on lui eut raconté, dans un but d'édification, l'histoire de son saint patron, que le petit Denis, rentrant du catéchisme annonça au milieu du repas qu'il ne serait ni médecin, ni avocat, ni mandataire aux halles, mais saint céphalophore ! Les parents surpris puis atterrés par son obstination, sa foi inextinguible, lui firent toucher du doigt l'inanité de la chose. Que ce n'était pas commode dans la vie courante, excepté pour la conduite panoramique d'une voiture automobile, voire l'orgueil de trouver dans toute les villes de France une rue à son nom. Cette amputation, désormais interdite pas les soins éclairés de Mr. Badinter, était hors de question, autant qu'une carrière qui eût pu en dépendre. Il fallait penser à un autre destin .
C'est ainsi qu'un ami de son père, helléniste gracieux, mobile, fort parfumé et fou de Polyclète le ramena à la raison. Ayant décelé chez le jeune homme une plastique agréable, un goût du sacrifice et une absence totale de frilosité, il lui suggéra, plutôt que de se faire décoller, de devenir doryphore et de troquer le modeste tronc aux aumônes contre une carte bleue, gold de préférence. Le jeune homme naturellement pourvu d'une lance de belle et bonne taille qu'il portait fièrement quelle que fut l'heure du jour et bien sûr de la nuit, devint en peu de temps le chéri de ces dames, de ces messieurs aussi disent les mauvaises langues.
C'est ainsi qu'un ami de son père, helléniste gracieux, mobile, fort parfumé et fou de Polyclète le ramena à la raison. Ayant décelé chez le jeune homme une plastique agréable, un goût du sacrifice et une absence totale de frilosité, il lui suggéra, plutôt que de se faire décoller, de devenir doryphore et de troquer le modeste tronc aux aumônes contre une carte bleue, gold de préférence. Le jeune homme naturellement pourvu d'une lance de belle et bonne taille qu'il portait fièrement quelle que fut l'heure du jour et bien sûr de la nuit, devint en peu de temps le chéri de ces dames, de ces messieurs aussi disent les mauvaises langues.
© PPLM 20/02/12
Histoire de tiroir
Comme tous les matins elle s'assit devant sa coiffeuse pour que sa camériste défit ses rouleaux et peignit, les démêlant, ses longs cheveux gris perle qui furent si longtemps blonds.
Elle ouvrit le large et profond tiroir du meuble en bois de rose pour en extraire les ustensiles, le peigne inépuisable en corne watusi, et la brosse au manche d'argent repoussé que depuis sa grand mère on regarnissait régulièrement d'une nouvelle et souple toison.
Sa surprise fut énorme.
Non seulement le tiroir était vide, mais il n'avait plus de fond.
Elle voyait en revanche émergeant d'une robe blanche comme celle de son mariage, ses cuisses de jeune fille, douces, rondes, si soyeuses et, habile malgré l'heure matinale, la main du garçon d'honneur qui, s'étant acquitté de son prix, venait cueillir, la dégrafant expert, la jarretière de soie rouge à peine mise à l'encan et qui lui revenait...
© PPLM 20/02/12
Elle ouvrit le large et profond tiroir du meuble en bois de rose pour en extraire les ustensiles, le peigne inépuisable en corne watusi, et la brosse au manche d'argent repoussé que depuis sa grand mère on regarnissait régulièrement d'une nouvelle et souple toison.
Sa surprise fut énorme.
Non seulement le tiroir était vide, mais il n'avait plus de fond.
Elle voyait en revanche émergeant d'une robe blanche comme celle de son mariage, ses cuisses de jeune fille, douces, rondes, si soyeuses et, habile malgré l'heure matinale, la main du garçon d'honneur qui, s'étant acquitté de son prix, venait cueillir, la dégrafant expert, la jarretière de soie rouge à peine mise à l'encan et qui lui revenait...
© PPLM 20/02/12
22 mars, 2012
La mort en direct
Ça y est, la radio en rêvait, Europe l'a fait !
J'ai assisté il y a quelques minutes à la mort en temps réel du tueur toulousain avec en prime les blessures de deux parmi les vrais pros venus l'arrêter.
Tout était radiophoniquement organisé dès la veille pour nous faire profiter de l'aubaine, du spectacle, façon "Trêteaux de la nuit" mais pour de vrai. Crescendo des bruits de mitraillettes, accalmies, reprises, tacet et da capo une vraie symphonie mortifère en stéréo ponctuée de courts commentaires effectués par des journalistes tenus à distance qui ne voient strictement rien... Jusqu'à la cadence finale dont la dernière page n'est que la lecture en direct et venant de Paris du communiqué du ministre de l'intérieur... C'était bien la peine de se geler une nuit entière les couilles ou les ovaires pour en arriver là ...
En attendant, c'est fou ce que c'est rapide la mort d'un homme quand c'est prévu du point du vue médiatique : on a droit qu'à une prise, y a de la pub à passer après. On en profite à peine, c'est un peu comme le rayon vert, faut pas fermer l'œil, faut le guetter...
Suspens ? Tensions ? Mon cul ! ça devait finir comme ça, avec un allumé dangereux salopard pareil ! C'est comme Boléro de Ravel, une fois la modulation effectuée, on sait que ça se termine et de quelle manière.
Imaginez seulement que contre toute attente, il se soit rendu, les bras sur la tête, comme ce fut un moment annoncé ?
Du point de vue du spectacle ? nul ! Seul un autre fou vengeur ou douloureux, venant au débotté le dessouder sur le trottoir tout en sulfatant à l'entour, aurait pu sauver le spectacle. Faut reconnaître, ç'aurait eu de la gueule...
Vive la radio !
J'ai assisté il y a quelques minutes à la mort en temps réel du tueur toulousain avec en prime les blessures de deux parmi les vrais pros venus l'arrêter.
Tout était radiophoniquement organisé dès la veille pour nous faire profiter de l'aubaine, du spectacle, façon "Trêteaux de la nuit" mais pour de vrai. Crescendo des bruits de mitraillettes, accalmies, reprises, tacet et da capo une vraie symphonie mortifère en stéréo ponctuée de courts commentaires effectués par des journalistes tenus à distance qui ne voient strictement rien... Jusqu'à la cadence finale dont la dernière page n'est que la lecture en direct et venant de Paris du communiqué du ministre de l'intérieur... C'était bien la peine de se geler une nuit entière les couilles ou les ovaires pour en arriver là ...
En attendant, c'est fou ce que c'est rapide la mort d'un homme quand c'est prévu du point du vue médiatique : on a droit qu'à une prise, y a de la pub à passer après. On en profite à peine, c'est un peu comme le rayon vert, faut pas fermer l'œil, faut le guetter...
Suspens ? Tensions ? Mon cul ! ça devait finir comme ça, avec un allumé dangereux salopard pareil ! C'est comme Boléro de Ravel, une fois la modulation effectuée, on sait que ça se termine et de quelle manière.
Imaginez seulement que contre toute attente, il se soit rendu, les bras sur la tête, comme ce fut un moment annoncé ?
Du point de vue du spectacle ? nul ! Seul un autre fou vengeur ou douloureux, venant au débotté le dessouder sur le trottoir tout en sulfatant à l'entour, aurait pu sauver le spectacle. Faut reconnaître, ç'aurait eu de la gueule...
Vive la radio !
21 mars, 2012
Petit plaidoyer pour la psychanalyse
J'arrive à un âge où je peux faire des bilans.
Vous n'imaginez pas le nombre de personnes que je connais qui seraient mortes si elles n'avaient pas croisé un analyste. Je sais, vous allez me dire, elles seraient peut être vivantes sans les avoir rencontrés. C'est vrai, mais ça, ça reste la chose la plus sotte que vous puissiez dire dans ce cas précis. Autant affirmer, après l'opération, que votre appendice aurait pu se désenflammer d'elle même sans le bistouri de votre chirurgien...
Vous allez me dire tout autant, je vous vois venir, il y a des charlatans et de mauvais psy... Ok... Mais jusqu'à présent, sur une vie, on change moins souvent de psychanalyste qu'on ne change pour diverses raisons, de généraliste, d' ophtalmo ou de proctologue...
Et puis merde ! si ça vous amuse de souffrir de vous-même par vous même, ou de voir souffrir les autres sans secours et sans aide, et bien souffrez, laissez souffrir ! mais de grâce ne faites pas chier le monde avec vos états d'âme et vos molécules hors de prix, fussent-elles néanmoins elles aussi salvatrices !
Vous n'imaginez pas le nombre de personnes que je connais qui seraient mortes si elles n'avaient pas croisé un analyste. Je sais, vous allez me dire, elles seraient peut être vivantes sans les avoir rencontrés. C'est vrai, mais ça, ça reste la chose la plus sotte que vous puissiez dire dans ce cas précis. Autant affirmer, après l'opération, que votre appendice aurait pu se désenflammer d'elle même sans le bistouri de votre chirurgien...
Vous allez me dire tout autant, je vous vois venir, il y a des charlatans et de mauvais psy... Ok... Mais jusqu'à présent, sur une vie, on change moins souvent de psychanalyste qu'on ne change pour diverses raisons, de généraliste, d' ophtalmo ou de proctologue...
Et puis merde ! si ça vous amuse de souffrir de vous-même par vous même, ou de voir souffrir les autres sans secours et sans aide, et bien souffrez, laissez souffrir ! mais de grâce ne faites pas chier le monde avec vos états d'âme et vos molécules hors de prix, fussent-elles néanmoins elles aussi salvatrices !
La peine de mort emblématique
Marine Le Pen tout juste remise de son apnée républicaine et pseudo-solidaire ressort la peine de mort de son vanity-case. Qu'elle lise donc ce qu'on fit, à ce titre, à un homme dont on ne peut pas dire qu'il fut un ennemi des idées de son clan.
C'est pompé sur wikipedia, j'avoue, par paresse, mais je le savais avant...
« Le 15 octobre, vers 9 h 00 du matin, M. le Procureur Général Mornet, accompagné de M. le Président de la Commission d’Instruction Bouchardon, se présentèrent à la prison de Fresnes dans la cellule du condamné, lui annoncèrent que le moment était venu d’expier. Pierre Laval était couché et parut ne pas entendre. Rapidement on comprit qu’il était sous le coup d’une intoxication et le docteur Paul, médecin légiste, qui était présent, lui fit une piqûre de morphine. On trouva sur les couvertures du lit une ampoule qui avait contenu du poison que le condamné venait d’absorber, ne voulant pas, avait-il écrit, tomber sous des balles françaises. Il devint évident au bout de peu de temps que le poison était éventé. Les médecins firent deux piqûres de camphre, puis procédèrent à un lavage d’estomac. Le condamné rendit la plus grande partie de la substance toxique qu’il avait absorbée et se ranima assez rapidement. Son état s’étant amélioré, il fut décidé, puisqu’il pouvait se tenir debout et marcher, que l’arrêt serait exécuté. Pierre Laval, qui s’était habillé et qui maintenant paraissait rétabli, marcha d’un pas ferme jusqu’à la porte de la prison et monta dans le fourgon qui le conduisit derrière la prison de Fresnes devant une butte qui pendant la guerre avait servi aux Allemands de lieu d’exécution. Quelques minutes suffirent pour le conduire au poteau. Il refusa l’escabeau qu’on lui proposait pour s’asseoir, se laissa lier au poteau et mourut. »
J'étais tout môme quand mes parents et mon grand père dont on ne peut pas dire qu'ils furent pétainistes me racontaient avec horreur cette histoire qui, au même titre que celles des femmes tondues les dégoûtait profondément quoi qu'ils eussent, pendant ces cinq années, vécu.
C'est pompé sur wikipedia, j'avoue, par paresse, mais je le savais avant...
« Le 15 octobre, vers 9 h 00 du matin, M. le Procureur Général Mornet, accompagné de M. le Président de la Commission d’Instruction Bouchardon, se présentèrent à la prison de Fresnes dans la cellule du condamné, lui annoncèrent que le moment était venu d’expier. Pierre Laval était couché et parut ne pas entendre. Rapidement on comprit qu’il était sous le coup d’une intoxication et le docteur Paul, médecin légiste, qui était présent, lui fit une piqûre de morphine. On trouva sur les couvertures du lit une ampoule qui avait contenu du poison que le condamné venait d’absorber, ne voulant pas, avait-il écrit, tomber sous des balles françaises. Il devint évident au bout de peu de temps que le poison était éventé. Les médecins firent deux piqûres de camphre, puis procédèrent à un lavage d’estomac. Le condamné rendit la plus grande partie de la substance toxique qu’il avait absorbée et se ranima assez rapidement. Son état s’étant amélioré, il fut décidé, puisqu’il pouvait se tenir debout et marcher, que l’arrêt serait exécuté. Pierre Laval, qui s’était habillé et qui maintenant paraissait rétabli, marcha d’un pas ferme jusqu’à la porte de la prison et monta dans le fourgon qui le conduisit derrière la prison de Fresnes devant une butte qui pendant la guerre avait servi aux Allemands de lieu d’exécution. Quelques minutes suffirent pour le conduire au poteau. Il refusa l’escabeau qu’on lui proposait pour s’asseoir, se laissa lier au poteau et mourut. »
J'étais tout môme quand mes parents et mon grand père dont on ne peut pas dire qu'ils furent pétainistes me racontaient avec horreur cette histoire qui, au même titre que celles des femmes tondues les dégoûtait profondément quoi qu'ils eussent, pendant ces cinq années, vécu.
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