21 mai, 2009

Darcos et la "fouille au corps"

Non non, c'est pas une contrepéterie (encore que...). Mais Darcos, c'est certain, c'est une boîte à idées à lui tout seul. Après le portique à l'entrée du bahut, il propose, avant la mise en place d'hygiaphones, de parois de verre blindé et de barbelés haute-tension entre le prof et les élèves, la fouille des cartables par les enseignants. C'est confondant d'efficacité programmée... Pour commencer, imaginez vous qu'un prof qui à la trouille à tort ou à raison d'un morveux, va, justement dans ce cas précis, oser le fouiller ?

Et puis, les chères têtes blondes, quoi qu'on nous dise heureusement très rares, qui ont de mauvaises intentions vont désormais planquer sur eux-mêmes leurs armes, qu'elles soient réelles ou par destination... Il va donc falloir les fouiller. Et bien, bon courage, camarade professeur ! Si tu n'es pas accusé d'attouchement pédophile dès ta première fouille, c'est qu'il y a un nouveau Saint Xavier au paradis des couillons...

Aptonymes du jour

Jean-Louis Chrétien, néophyte, universitaire prosélyte apostolique et romain.
Jean-Michel Lemétayer Président de la FNSEA ( syndicat de paysans déçus du sarkozysme )
Laurent Lemoine, prédicateur catho d'obédience dominicaine ci-devant grande chasseresse de cathares devant l'Eternel (cf. message précédent)

France-Culture / France-Cul / France-Cul-Bénit

Cet après-midi j'écoute la radio dans ma voiture automobile et je n'en reviens pas. Je suis, c'est sûr, sur France-Cul et j'ai la fort désagréable impression d'être sur Radio-Notre-Dame voire Radio Courtoisie. J'entends en effet une pub pour acheter les homélies de Pâques à Notre Dame de Paris co-éditées par France-Culture. Je rêve ? non non... Rentré chez moi je fonce sur l'arentèle et que lis-je sur le site de France-Cul ? ce que j'avais en partie entendu sur cette radio que je croyais non confessionnelle de service public :
émission du dimanche 5 avril 2009
Conférence de Carême : dimanche des Rameaux



A Notre Dame de Paris, 6, place du Parvis de Notre Dame, 75004 Paris
par Laurent Lemoine

  • La connaissance mystique de Dieu chez le juif Paul
    Le sommet de l’apport de Paul à la pensée religieuse tient tout entier à son enracinement dans le judaïsme qui lui donne le goût et le moyen de scruter la plénitude de la révélation historique du Dieu d’Israël dans le Christ. A notre époque traversée par un recul sans précédent de la connaissance de Dieu, Paul se propose comme le partenaire d’une expérience renouvelée de la dialectique de la foi et de la raison.



    Cardinal André Vingt-Trois.
  • Épatant, non ?

    19 mai, 2009

    Pour les amateurs de pancartes (j'en connais...)



    J'y retourne jeudi prochain chercher le Sud et l'Est

    Quand les russes étaient communistes, ou PPlemoqueur est un vieux bolcho-nostalgique.

    Quand les russes étaient communistes ils lisaient Lermontov, Pouchkine, Dostoïevski, Pasternak en cachette, Balzac, Zola aussi, mais oui... Ils allaient au théâtre, à l'Opéra, ils voyaient des ballets, se pressaient au concert, écumaient les bibliothèques. Leurs héros c'étaient les danseurs du Kirov, les compositeurs, Prokofief, parfois quand il était sage c'est à dire "dans la ligne" Chostakovitch. La culture, ça coûtait deux kopecks. Ok, la peinture fallait s'accrocher, la sculpture aussi... Mais globalement comme ils avaient rien d'autres à foutre, et qu'ils bossaient peu pour que tout le monde bosse, ils étaient, ils avaient le temps, sur-cultivés... Oui, je sais c'est facile d'idéaliser un passé, un régime ignoble quand on ne l'a pas vécu, alors que ce niveau culturel se payait au prix fort, celui de la liberté. Oui je sais... n'empêche... si le progrès et le prix de la liberté acquise, bien que prétendue, est sanctionné par un abêtissement généralisé, et bien, désolé, je sors mon joker... Plutôt rouge que con ? Une minute ! Je peux réfléchir, j'ai le droit ! non ? Les russes pauvres d'aujourd'hui ne vont plus au concert, ils applaudissent le concours eurovision vautrés devant leur télé, mais ne quittent pas plus leur pays pour aller se promener qu'à l'époque où c'était interdit... Du bortsch ancestral à la pire des daubes, de Lermontov à Patricia Kaas... voilà le résultat pour la majorité, pas plus riches, mais beaucoup plus cons... C'est ça le libéralisme appliqué...

    autoportrait en abîme


    Thomas Oliemans, forcément...

    Ma découverte du jour.
    Thomas Oliemans est un baryton hollandais.
    La voix est claire mais bien timbrée (Martin ?), le chant fluide, sans problème, d'une évidente aisance, la diction en français juste et élégante, la compréhension du texte absolue.
    What else ? Pour moi rien, c'est parfait.
    Vous voulez la preuve ? la voici :
    C'est court, mais comme l'oeuf au plat de Curnonsky ça suffit pour se faire une idée ! C'est Poulenc et Fombeure : "Les gars qui vont à la fête".
    Ah, j'oubliais, le pianiste, Malcolm Martineau, est tout aussi remarquable, mais, ça aussi, vous l'aurez remarqué de vous-même.

    18 mai, 2009

    Nous sommes des grenouilles dans l'eau froide.

    Suite au dernier message d'Ubi et Orbi (voir + bas).
    Oh, non, on ne va pas nous jeter dans la marmite bouillante, non, on sait bien qu'on se sauverait tout de suite, non, on nous tient dans l'eau encore froide mais on a mis le feu au dessous, doucement, pour nous cuire peu à peu sans qu'on s'en aperçoive... Paranoaïque, moi ? Peut-être... en attendant, je surveille le thermomètre et je vous conseille de faire comme moi...

    On n'imagine pas, mais il s'en passe des choses dans le jardin !


    clicquez sur l'image si vous n'avez pas peur !

    Patricia Kaas : zero point !

    Histoire morale ou les comptes bien faits

    Patricia Kaas aime les russes et Poutine.
    Poutine comme les russes aime Patricia Kaas mais pas les russes homos.
    Les russes aiment le Concours Eurovision de la Chanson.
    Patricia Kaas guigne le premier prix du Concours Eurovision de la Chanson.
    Le Concours Eurovision de la Chanson a lieu cette année chez Poutine.
    Il a lieu le jour de la Gay Pride à Moscou et de la Journée Mondiale de Lutte contre l'Homophobie.
    La flicaille de Poutine disperse violemment la Gay Pride.
    Patricia Kaas s'en fout et chante car elle veut gagner le premier prix du Concours Eurovision de la Chanson.
    Patricia Kaas a perdu.
    Elle a perdu et le concours et, j'espère, sa clientèle homo (et oui, c'est pas parce qu'on est pédé qu'on n'a pas un goût de chiottes !).
    Bien fait pour sa gueule.

    17 mai, 2009

    Con comme iconoclaste !

    Ah c'est sûr, ils l'ont pas loupé ! Ils avaient pas vraiment de mérite, il est à un mètre cinquante du sol...Ils lui ont cassé la gueule, l'ont emputé des mains, lui ont cassé les pieds, aussi... En ont-ils pour autant comme ils l'imaginaient, fait une simple colonne ? rien de moins sûr... Les intégristes de tous poils sont des cons, ils se plantent jusque dans la réalisation de leurs projets les plus absurdes. On a eu nos talibans nous aussi, qu'on s'en souvienne ! Pas de mains, pas d'humains... pensaient-ils... ah les cons... Pas de bras ...etc. quand ils ont fait ça, y avait pas de chocolat...

    Mais celui là, qui est placé beaucoup plus haut, c'est pas qu'ils l'ont pas vu, je l'ai bien vu, moi... c'est qu'ils avaient la flemme ou pas le temps... à moins qu'il ait été remonté là par hasard, après coup au hasard d'une restauration. Il donne en tout cas une idée de ce que devait être à sa manière le visage du personnage massacré... expressif, en finesse... Ah les cons !


    Édicule admirable


    proportions parfaites (nombre d'or ou à un poil près), emplacement incongru ou très raisonné de la porte (n'importe quel gougnafier l'eût centrée..), finitions délicates, pour une utilité du tout qui reste à prouver... j'aime cette construction autant que la très belle église qui la domine. C'est à Villeneuve le Comte en Seine et Marne.

    De l'influence de Loïe Fuller et d'Isadora Duncan sur la statuaire commémorative de 14/18....


    ah oui, j'ai récupéré mon kodak... clic-clac merci...

    Allez ! dans la foulée.

    On a eu Polo et moi pendant quelques années comme voisin un trav assez connu. Talentueux, inventif, pas con. Comme la mercière de mon message précédent on va l'appeler X. Il se trimbalait en ville dans des tenues pas possibles, du genre collant léopard bustier de skaï and so on. Un jour d'hiver j'allai en voiture faire les courses chez Aldi... Sur le bord de la route en pleine zone, je vois mon X et une copine trav à lui s'y rendant aussi. Je ralentis pour les faire monter et je vois arriver en face une voiture qui à leur niveau devant la bizarrerie du spectacle en ce lieu, perd le contrôle, fait une embardée, monte sur le trottoir et se rétablit juste avant d'éviter d'un poil un abri-bus... C'est vous dire, s'il était superbe ! Il était d'autant plus étonnant qu'il avait une voix de baryton et un accent du sud-ouest cassoulet rugbyman, il était, de surcroît, pas du genre à se laisser emmerder... Bref une chimère ! Il est resté comme ça épatant, baroque, provocateur jubilatoire et curieusement sans âge, les chimères n'ont pas d'âge. Et puis un jour il a sauté le pas. Pas une lubie, non, un projet de longue date. Quand il est revenu, c'était pathétique L'ablation quelle quelle soit et de quoi que ce soit est toujours douloureuse, une simple appendicectomie, dèjà, ça fait mal...alors. Je peux vous dire que changer de sexe dans ce cens là, ça demande de toute évidence du courage, de l'abnégation, de la vertu ! Respect ! Bref une fois qu'il s'est rétabli, qu'il est devenu elle, il s'est passé un truc terrible... Lui qui était glamour, vaillante, exacerbé est devenu d'emblée, directos, pas le temps de dire ouf, dans le look, une ménagère ménopausée (il en avait l'âge)... Il a troqué ses sacs en lamé contre un caddy à roulettes... On le voyait avant qu'il ne quitte notre voisinage revenir du marché avec ses poireaux, ses légumes, dans une robe des Trois Suisses... C'était bien la peine me disais-je... en même temps je ne l'avais jamais vue si heureuse...

    "Nobody's perfect" revisité

    Ça se passe à la fin des années soixante-dix. Mademoiselle X tenait à Poitiers une ravissante boutique de mercerie-passementerie-broderie. Elle cherchait une employée. Débarque un matin à son magasin une ravissante pulpeuse qui après un court entretien semble tout à fait faire l'affaire.
    -Il faut que je vous dise une chose, Madame, lui dit la jeune fille avant de lui donner sa carte de sécu.
    -Oui ?
    -Je suis un transsexuel.
    -Oh, mais c'est pas grave, mon petit, lui dit Mademoiselle X toujours bienveillante, ça vous passera !

    La Vision Berdache retrouvée.

    Voila, ça y est j'ai retrouvé un texte concernant la Vision Berdache, dans le Dictionnaire des Mythologies (Flammarion). Pierrette Paule Désy écrit :

    Chez les Omaha, mixuga, c'est-à-dire la lune (pensée comme hermaphrodite dans beaucoup de mythes) déterminait l'avenir sexuel du jeune adolescent qui, instruit par elle, pouvait devenir berdache. Lors de la quête de la vision, il arrivait que l'adolescent voie apparaître la lune tenant d'une main un arc et des flèches, et de l'autre, une courroie de panier. Si le garçon n'était pas assez rapide pour saisir l'arc, il devenait alors berdache, c'est-à-dire homosexuel. De même que l'heyoka, il était considéré comme un être sacré par sa tribu (Désy, 1978).

    dans d'autres versions, et ce n'est pas inintéressant, c'est la lune qui lui joue un tour en substituant au dernier moment le panier à l'arc. La question, dans la réalité hors le mythe, de savoir si le berdache souhaite procéder à une transformation de son corps n'est en revanche jamais évoquée, sans doute en raison de l'impossibilité technique aujourd'hui résolue, de la réaliser. Cela dit, méditons le fait que le berdache comme le heyoka est toujours un homme... et que Lesbos est définitivement méditérranéenne...

    Mélange des genres

    Roseline, elle est sympa, c'est vrai, enfin, elle à l'air, comme ça. Contrairement à Christine qui n'aime les homos qu'en phase terminale du Sida pour les conduire la larme à l'oeil au purgatoire en passant par l'église, elle est réellement gay friendly, même si probablement elle préfère un peu les pédés de droite, chacun ses goûts... Elle a compris, Roseline, depuis longtemps, que les homos, c'est quand même plus fendard que les bonnes soeurs sauf bien sûr les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence... Alors, elle est raccord Roseline, et comme dit Olivier Autissier dans son blog, grâce à elle, depuis hier les "transsexuel(les)s ne sont plus folles", en rappelant aussi puisque que c'est la Journée de lutte contre l'homophobie, que les homos ne sont pas des figures de jeu de massacre.

    La France serait donc le premier pays au monde à procéder à la "dépathologisation" de la transsexualité (Badinter avait dépénalisé l'homosexualité). C'est très bien. Maintenant les filles, faut pas confondre transsexualité et homosexualité .
    Tiens, on va faire un test. Demandez à quelqu'un ce que c'est qu'un trans. Il va vous répondre s'il est un peu au courrant quasiment à coup sûr que c'est un homme qui pense être femme, en oubliant qu'il y a autant de femmes qui se considèrent comme homme... Le trans, ça reste encore un peu le trav, maquillage façon tag, wonderbra et plumes au cul... Seule l'opération fait définitivement la différence.

    Pour ce qui est du mot on doit plutôt parler comme le souhaitent les intéressés de transidentité.

    Le transsexuel homme ou femme est victime d'une erreur d'emballage. Le problème c'est que le re-conditionnement, c'est pas de la tarte. J'en ai connu, je vous raconterai. Contrairement à l'homosexuel qui, quand il en a les moyens s'en fout un peu ou totalement, le transsexuel n'aspire qu'à la normalisation absolue, physique sans doute plus que sociale ; il veut que justice lui soit rendue, qu'on répare la malfaçon. Une fois que c'est fait, le ci-devant transsexuel fait parfois sa vie avec, ça va de soi, une personne du sexe opposé... L'opération ramène donc l'opéré au sein de la communauté hétéro, (on lui refait et c'est logique son idenité), possibilité de procréation en moins, la chirurgie et les hormones ont encore leur limites. Mais pour la société en général, même si, dans le microcosme, elle fait parfois payer très cher la reconversion à ceux qui l'osent, on le sait, tout rentre globalement dans l'ordre des apparences, le plus important, c'est bien connu.
    On m'a toutefois raconté l'histoire d'un américain particulièrement réfractaire à toute classification par genre, qui voulait changer de sexe et qui, une fois opéré, devint lesbienne... Mais, honnêtement, je pense que c'est une blague...

    Pour redevenir sérieux je crains que le fait de supprimer trois lignes concernant une population ultra-minoritaire dans des manuels de psychiatrie obsolètes ne cherche par une sorte d'effet d'annonce qu'à masquer le désir de proroger une législation retardataire concernant la parité des droits entre homos et héteros. C'est d'autant plus probable que si la transsexualité était jusqu'à hier considérée comme une pathologie, on n'internait pas - on n'est pas en URSS ou en Chine - les trans pour autant. Alors que jusqu'à l' abrogation Badinter, on foutait plus que de raison les homos en taule...

    C'est le printemps



    16 mai, 2009

    Excès de langage, ou licence poétique

    Ils vous troueront la paillasse
    Et ils violeront vos garces !
    Mais qui donc a écrit ces deux vers d'une insigne douceur ?
    Orelsan, le rappeur maudit ?
    Non, le délicieux Maurice Fombeure
    dans "Le mendiant" (Chansons villageoises)

    De mauvais goût ! Je suis incorrigible...

    J'avoue, c'est vrai, j'ai fait avant hier une plaisanterie de mauvais goût, y a des choses qu'on rigole pas avec ! Je suis allé avec ma soeurette voir l'expo Warhol, vous le savez , maintenant ! Comme elle a un passe, on contourne tout le monde par l'entrée réservée. Il y a, c'est normal de nos jours, un portique et son vigile. A mon tour, je passe mes clefs, mais mon sac sonne, moi aussi d'ailleurs. Normal, je dois avoir un carnet à ressort métallique et je porte une ceinture cloutée. Le vigile qui a une vraie tête de con me demande si j'ai un couteau, car c'est moins la sécurité du public que celle des oeuvres qu'on tient visiblement à assurer. Non, je n'ai pas de couteau, c'est vrai, je connais l'endroit, je l'ai laissé exprès dans la voiture. Il me laisse passer... Alors, d'un seul coup, je sais pas pourquoi, je deviens facétieux, badin, il m'a agacé, le rasé du crane, je me retourne et je lui dis "Ah, je sais, ce qui a sonné ! c'est mon revolver !". Ah, putain, pas le sens de l'humour, le mec, furieux qu'il est, il me menace ! je rigole, je lui explique qu'il n'y a pas de danger... que la chose peut tuer, certes, mais pas le mot, et que de toute façon, si j'en avais un, il s'imagine quand même pas que je m'en vanterais... Bon, c'est pas le lieu de discuter, y a la queue, on en reste-là. Une heure après, on passe un autre sas pour aller voir autre chose, et là je fais un test. Ça sonne encore, le vigile, celui-là plutôt avenant, me demande d'ouvir mon sac, je lui cause, je lui raconte mon aventure précédente, je tchatche, je le noie dans le bavardage, il ne pense plus à mon sac, je passe... Alors, la sécurité... voyez-vous, c'est relatif...

    15 mai, 2009

    Les coloriages de l' art

    La RMN a eu, ça lui arrive souvent, faut reconnaître, l'excellente idée de réaliser de nouveaux ouvrages "ludidactiques" et d'en confier et la conception et la réalisation à Jack Garnier. Ça donne (je n'ai vu en fait que le nouveau tome) un ouvrage à colorier réalisé à partir d'oeuvres emblématiques du patrimoine, du moyen-âge au romantisme. C'est fait avec invention, c'est drôle et c'est remarquablement réalisé. On utilise les gros plans, on met en évidence des détails, bref on apprend à regarder et chose importante, on dépouille en jouant le musée de ses oripeaux qui dissuadent... On y trouve aussi et surtout tout ce qui a fait le fond traditionnel de nos jeux d'enfants, coloriages, labyrinthes, fils à démêler, puzzles, anamorphoses, etc, bref ce qui nous réjouissait dans Pif ou dans Vaillant ! Et comme c'est fait avec goût, dans le souci du respect et des oeuvres et des acheteurs, c'est tellement beau qu'on passe son temps à le regarder... Mais c'est parce qu'on est grands, maintenant ! les enfants, eux, ils s'en foutent et ils vont le gribouiller le bouquin, le ravager et heureusement parce qu'il est aussi fait pour ça. Voila comment occuper les morveux sans les prendre pour des cons !
    Ça
    coûte huit euro et trois cerises. Faudrait être fou pour dépenser plus ? Faudrait surtout être con pour ne pas (se) l'offrir.
    voir sur, par exemple :
    http://www.placedeslibraires.fr/detaillivre.php?gencod=9782711855667

    Surtout ne pas s'attarder...

    Comme vous le savez, je suis allé voir hier l'exposition Warhol. J'aime bien aller voir les expos avec ma soeur, car nous avons le même rythme de visite. C'est à, dire très rapide. Je ne reste jamais longtemps dans une exposition ou dans un musée. D'abord j'ai une bonne mémoire, ensuite et surtout, je crains le coup de foudre, j'ai peur de m'attacher... Tenez, lors de l'exposition Picasso et les Maîtres, je suis tombé en arrêt devant le petit agneau (petit par la taille du tableau, et qui par ailleurs est un bélier) de Zurbaran... Je me suis barré vite fait... J'allais me rendre malheureux.
    J'ai découvert ça il y a longtemps, qu'il fallait parfois ne pas s'attarder, comme avec les humains, exactement. C'était au musée d' Ephèse, oui chez ces turcs qu'on refuse de reconnaître européens. J'ai rencontré, par hasard, cette extraordinaire tête d'Eros attribuée à Lysippe.. Je l'ai encore en mémoire, intégralement avec ses accidents, son nez cassé et son regard mélancolique. Je le connais par coeur. Mais si je retourne à Ephèse, je n'irai pas le revoir. Ce serait un déchirement...

    14 mai, 2009

    Warhol, immense et paradoxal...

    Le problème avec Warhol, c'est que, contrairement à tant d'autres, il est beaucoup plus génial qu'il ne le prétend... C'est paradoxal ?
    Alors faites comme ma soeurette et moi, allez voir l'expo du Grand Palais et vous serez en permanence confronté au paradoxe.
    Je vais vous raconter... D'abord il faut savoir que ne sont exposés que des portraits. Du Christ à Mick Jagger, coté célébrités y a pas plus éclectique...

    J'avais, avant d'arriver, l'esprit parasité d'un tas de présupposés, du genre, c'est plus l'idée qui importe que l'oeuvre elle même, je pensais aux boites Campbell... Ça va sentir l'under-ground surané, la dope de date limite et le vieux glauque new-yorkais...
    Premier paradoxe, c'est d'une fraîcheur assez proche de celle de son ami Hockney .
    Je me disais aussi, ça va être un peu chiant, toujours pareil, procédures, procédés ! Des clous ! rien n'est pareil car tout est dans le détail... un peu comme ces musiques orientales répétitives, emmerdantes uniquement pour ceux qui sont insensibles aux micro-variations permanentes. L'intérêt de ces portraits, c'est clair n'est pas dans leur ressemblance évidente mais dans leurs différences...
    Je pensais en moi-même, les couleurs vont être fanées, un peu cracra. Tu parles ! c'est nickel, ça chante, ça vibre, c'est éclatant. Ce serait presque "déco", si l'on veut reprocher... même lorsqu'il fait pipi sur une toile, ça marche... ça résiste !
    Ma fibre anti-people me faisait m'énerver d'avance. Quoi, ces gens qu'il a peints, j'en ai rien à foutre, ils ne m'intéressent pas... un peu comme Proust m'agace avec ses histoires de duchesses, de bonniches ou de vieux pédés-naphtaline. C'était mal supposer... Après tout, "les Ménines" sont-elles humainement intéressantes ?... Il ressort de tous ces portraits de stars de tous poils une humanité inattendue.. Mais il y a a aussi les amis, en particulier les portraits très sensuels en noir et blanc de Basquiat, le seul qu'il peint "en pied", bizarre, non ?...
    Voila, c'est aussi sincère, malgré la simplification extrême du procédé, qu'Holbein ou Velasquez et de toutes façons beaucoup plus que Largillière, Vigée-Lebrun, Winterhalter ou Blanche pour ne parler que des portraitistes mondains des siècles précédents.
    Ne pas oublier cette grande et très belle toile dans les tons rouge et marron représentant une chimère au visage déformé un peu façon Bacon, pas un travesti ou un transsexuel, non, un "homme femme", indicible, indéfinissable, paradoxal encore, à voir...
    Il est drôle, en plus...Ça on le savait. Et s'il pisse sur ses toiles (référence à Théorème de Paoslini ou Pasolini inspiré par Warhol ?), il peut aussi, en guise de plus value, saupoudrer de poussière de diamant les portraits de David Whitney et de quelques autres, mais aussi et de la même manière, histoire de remettre tout à sa place, un grand tableau représentant des escarpins... Et comme il passait son temps à inventer des trucs, des techniques à dix balles, il a fait ces deux superbes portraits de Mick Jagger sur un support incertain façon récup, fait de cellophane ou de plastique transparent, d'une beauté magique.
    On peut voir aussi, car il avait une aptitude à comprendre l'intérêt des nouvelles techniques qui n'avait d'égal que son talent à les maîtriser d'instinct, les "screens tests", ces films de quatre minutes-plan fixe 19 images/ seconde noir et blanc consacrés à ses amis connus ou inconnus. Ils sont présentés côte à côte sur un mur de petits écrans. Plus austère-calviniste, comme dirait Polo, y a pas. C'est tout simplement fascinant.
    Et puis il y a les deux tableaux extraordinaires que lui inspirent les deux personnages qui lui sont en tous points le plus opposés, le grand portrait de Mao, et surtout celui sublime et très classique de Lénine, hiératique, un peu menaçant, rouge (peut-il être autrement que rouge ?) sur fond noir (photo du haut).
    Je vous fais grâce des photos et des portraits de Debbie Harry... pouce ! personnel !
    Enfin, on peut voir son premier tableau, un morveux façon Otto Dix, l'index enfoncé dans le nez jusqu'au cerveau : "C'est peut-être Dieu qui a fait mon visage, mais je me mets le doigt dans le nez si je veux..." c'est le titre... Voilà, pour vous dire, Warhol, c'est tout ça aussi...
    Warhol voulait que ce soit froid, impersonnel... tant pis pour lui, tant mieux pour moi, c'est raté.

    Le poids des mots...

    entendu à l'instant sur Europe :
    "...nous reviendrons sur cette fusillade qui a mal tourné..."
    t'étonne !...

    13 mai, 2009

    Pizza à la souris morte

    Vous avez vu ? cette histoire de ce mec à qui on a livré une pizza sur laquelle gisait une souris morte ? Il a crié au scandale, le mec, dégoûté. Quoi, une souris morte sur ma pizza ? Et si c'était plus grave encore, si c'était la pizza qui l'avait empoisonnée, la souris...

    Sophie Coignard, les Francs-Maçons et les remugles cagoulards

    Depuis hier, une pub est apparue à la radio, et dont le ton m'inquiète, pour un livre d'une certaine Sophie Coignard dont je dois avouer qu'elle m'était jusqu'alors, c'est sans doute pas bien grave, totalement inconnue. Ça s'appelle "Un état dans l'état" et c'est vendu comme s'inscrivant dans la droite tradition de la théorie du complot. Bref si l'on écoute bien la réclame et la manière dont elle est faite, "ils sont partout...". Avant même qu'on l'ait lu, ça daube la rumeur années trente, la vomissure Action Française. Sophie Coignard dévoilerait donc, éternel marronnier, les rapports entre les Francs-Maçons et le pouvoir occulte ou non. C'est pas nouveau, c'est vieux comme la troisième république ou le gouvernement de Vichy, mais ça marche encore, visiblement, la stigmatisation des francs-macs en temps de "crise".
    Alors Coignard, après les Francs-Maçons, les juifs ?
    et les homos pour le tome trois
    voire une somme pour les cumulards ?

    12 mai, 2009

    Demjanjuk ? un bon petit gars !

    Ça y est ! Yvan Demjanjuk (alias John) a été enfin extradé et envoyé directos en Allemagne. 89 ans, y avait urgence, car, c'est notoire, même les pires fumiers finissent par crever. De bonnes âmes s'opposaient à son extradition au prétexte qu'il en mourrait ... Il a déjà été jugé une première fois en Israël en 1988 et condamné à mort mais le jugement a été cassé par la cour supérieure de justice israélienne pour insuffisance de preuves... Il y a des jours où l'on rêve, quel que soit ce qu'on vous reproche, d'être jugé en Israël ! Il est reparti aux States, mais dès lors on a eu les preuves... Trop tard ... ça a pris des années pour le récupérer, mais la chasse aux nazis de tous poils a toujours été faite d'aventures comme celle là...

    Il faut dire que Demjanjuk, c'était un petit gars bien. A Sobibor, camp d'extermination polonais où il était, à 23 ans seulement, chargé de l'accueil, entre le moment où l'on sortait du train et les chambres à gaz, on avait peu de temps... Demjanjuk, lui, il trouvait le moyen entre les deux de vous torturer un peu...

    Loi Hadopi

    Souvenirs, souvenirs... et idées en vrac... car cette histoire, c'est vachement compliqué...

    Dans les années 70, on allait tous piquer des bouquins chez Maspero, des disques chez Raoul Vidal... Résultat des courses, ils ont fermé boutique (même si la Fnac, le grand prédateur légal, a participé tout autant que les voleurs, à leur ruine).

    Dans les années 90, Robin Wittle a annoncé sur le web dans un article circonstancié daté du 3 octobre 1995, la fin du Cd, le règne du téléchargement et ses effets collatéraux. Personne ne l'a cru... ni les artistes, ni les producteurs-diffuseurs et leurs petits cadres branchouilles désormais et comme prévu au chom'du, encore moins le législateur qui a toujours un métro de retard et ne maîtrise plus rien...

    Alors, bien entendu, c'est évident, ne pas payer l'écoute des oeuvres tant qu'elles ne sont pas tombées "dans le Domaine", ou plus simplement introuvables dans le commerce, revient à terme à mettre prématurément leurs auteurs à la retraite. C'est comme ça depuis la fin du mécénat de l' Église ou du Prince, voire du Soviet Suprême... Un artiste, auteur ou interprète, comme celui qui le lit ou l'écoute, est un être réel en trois dimensions, qui mange, qui boit, qui fait pipi, caca, bref, qui vit pour de vrai. Mieux ? oui, sûrement pour certains, pas tous, loin s'en faut... mais ce n'est pas un pédégé, il n'exploite personne.
    Argument foireux : "Je ne vais pas m'attendrir sur le sort d'Aznavour ou celui de Benabar, ils sont pétés de thunes, donc je télécharge". Et bien soyez logique, essayez pour ces mêmes raisons d'entrer aux concerts d'adieu de Johnny sans billet... Plus prosaïquement, de télécharger sans le payer votre bifteck chez le boucher, ou même votre shit auprès de votre dealer... Il est plein aux as lui aussi mais il vous rattrapera à la course... l'artiste, lui, il peut pas vous courser... et puis honnêtement, est-ce nécessaire pour justifier son larcin de traiter d'escroc celui qu'on va braquer ?

    Le problème de cette loi c'est que les vraies intentions de ses auteurs ne sont pas dites; car elles ne sont pas avouables en l'état... Je ne vais pas vous causer maintenant de la répartition des droits entre l'auteur et le producteur... vous seriez étonnés.. C'est pas le sujet.

    La vérité, c'est qu'aujourd'hui, le législateur cherche une parade. Pour protéger les artistes ? les producteurs ? Mais non, vous rigolez, ce que l' État veut protéger d'abord en la généralisant, c'est la taxation des artistes et des producteurs par celle qui lui revient automatiquement sur les chargements légaux... Et qu'il y a une mine d'or qui lui file actuellement sous le nez, un manque à gagner qui motive... Mais ni les artistes, ni les producteurs n'ont compris les intentions réelles, fussent-elles légitimes, du législateur... qui ne s'intéresse à eux que dans la mesure ou en France, le droit d'auteur est inaliénable...Et rien ne prouve que les sommes perçues par la taxe ou par l'amende seront affectées comme le furent ou le sont encore celles sur les consommables, à l'aide au financement de la création artistique...

    Voilà, mais ça, je n'ai encore entendu personne le dire...

    Et maintenant un peu de prose sarkozyenne

    Entendu à l'instant, impitoyablement relayé par Frédéric Bonnaud, ce court extrait du discours élyséen de ce matin au sujet de la réforme de l'hopital :
    "La population qui vieillit vieillit de plus en plus vieux."

    Et maintenant un peu de poésie citoyenne

    Français qu'amour de la Patrie
    Rassemble dans ce jour heureux
    Vous que la liberté rallie,
    De beaux jours vont luire à vos yeux (bis)
    De tous les tyrans et leur clique
    Bientôt les efforts seront vains
    Je viens remettre entre vos mains
    Le Drapeau de la République (bis)

    Voilà, ce chef d'oeuvre absolu, vaillant et inspiré, a été écrit et chanté sur l"Air des Visitandines" de François Devienne et Louis-Benoît Picard, à l'occasion de la remise, le décade 20 Ventose de l'an II de la République du drapeau républicain des communes de Damart, Thorigny, Carnetin, Pomponne formant le 6° bataillon de la Légion du Canton de Lagny, district de Meaux ! (sic!)

    Pour ce qui est de l'Air des Visitandines, vous pouvez l'entendre sur l'excellent site "Chansons et Chansonniers Maçonniques" :

    11 mai, 2009

    Pharmac-hyène

    Je m'étais, je vous en ai fait part, réconcilié avec les pharmaciennes ... Pfft !

    C'est ainsi que nous nous en fûmes samedi dernier visiter notre amie Marie et son fils en leurs terres normandes, en bord de Seine. Arrivés à Vernon nous cherchons et trouvons une grande surface avec des magasins autour, pour acheter (même s'il y en a toujours chez Marie et de l'excellent), une bouteille de champagne, une fleur en pot pour fleurir une tombe amie, celle de son mari, et pendant que j'y suis, me réapprovisionner en ibuprofène générique... Pendant que Polo s'occupe du champagne et de la plante, je fais la queue à la pharmacie. Mon tour venu, je demande à la préposée installée sous une pancarte "sans ordonnance" mon antidouleur favori. Elle m'apporte une boite à 2 euros 30 les vingt comprimés. Je lui fais part de mon étonnement vu que ça coûte partout 1euro 91, pas un centime de plus ou de moins, pour trente pillules...
    - oui, me dit-elle, mais celle-là, elle est "vignettée",
    - je m'en fous, lui dis-je, j'ai pas l'habitude de bouffer les vignettes !
    - ça veut dire que vous pouvez vous la faire rembourser ! en demandant à votre médecin une ordonnance...
    Je lui rappelle le panneau au dessus de sa tronche, et puis qu'1 euro 91, c'est jamais que le prix de trois baguettes de pain à coté... Que si je fais de l'automédication, c'est pour ma pomme, et que je vais pas me faire rembourser, y aurait plus cher de timbres !
    Elle comprend pas ou fait semblant. Je lui tiens, pour l'emmerder un discours citoyen, déficit, trou de sécu... elle s'en fout, imperméable, impassible, automate, elle se retourne d'un quart et plonge la main, à l'aveugle, dans un tupperware d'où elle sort mon ibuprofène à mon prix. Elle ne le scanne même pas, elle prend mon euro 91 sans l'enregistrer... toujours ça de gagné... J'en crois pas mes yeux... Je la traite d'épicière, d'escroc, d'hétaïre, de tricotteuse (je sais pas pourquoi, c'est ce qui me vient en dernier !) Elle s'en fout... autant injurier un distributeur automatique, un park- mètre, une chasse d'eau.
    On a encore de la route à faire et Oscar est dans la voiture, sur le parking. J'abandonne.

    Un peu de persil en plus

    Ah ! pour ceux qui me diraient que je suis culotté de causer façon bobo de bouffe exotique après mon énervement précédent, et bien je vais vous dire que ce plat-là revient (je vous connais ! je suis rétif au calcul, mais j'ai compté rien que pour vous le dire !) à quatre euros cinquante, riz d'accompagnement, huile et cuisson comprises, pour quatre personnes. Et que malgré sa dèche extrême, fût-elle momentanée autant que récurrente, notre ami qu'on a dépanné hier va aller tout claquer au prix fort chez le boucher du coin qui le guette en permanence comme le vautour de Lucky Luke demain mardi dès qu'il sera ouvert...

    - un p'tit rumsteack Monsieur F. ? qu'il va lui dire, le boucher qui le saigne depuis plus de vingt-cinq ans.
    - pour vous et vot' dame ? qu'il insiste, l'ignoble, pour forcer un peu, charger la bête.
    - oui ! qu'il va répondre, F., comme d'habitude ! parce qu'il en a envie et qu'il veut pas passer pour un pauvre, déjà qu'il est fauché.

    C'est la balance qui aura le dernier mot par le truchement de la bouchère, rubicond sucre d'orge, coiffée barbe à papa, posée derrière sa caisse comme Madame au bordel.
    - c'est quinze euros, Monsieur F, j'vous mets un peu de persil ?

    Citrons confits, qu'en faire ?

    Je vous ai dit qu'on avait acheté des citrons confits dans le vinaigre au rayon exotique de Carrefour.
    Il y a comme ça des cuisines dont je ne veux rien savoir des recettes, pour garder le mystère quand je vais au restau. Le tajine, par exemple, je vois un plat en terre avec son couvercle conique et vernis, petit Vésuve qui répand ses senteurs dès qu'on le soulève, mais je n'en veux rien savoir...
    Alors, qu'est-ce j'en fais, maintenant, de mes citrons ?
    Et bien, j'ai fait un pastiche, mais un bidule syncrétique. J'ai acheté des pilons de poulets. J'ai sorti le wok. J'ai fait revenir deux gros oignons dans de l'huile d'olive et puis j'y ai jeté les pilons. Dès que ça a commencé à dorer, j'ai saupoudré de sucre et puis j'ai coupé en cubes deux des citrons confits, j'ai mis un peu de liquide, de leur marinade, et puis du teryaki, puisque j'en avais sous la main... un piment ravageur, des olives noires. Du poivre, du cumin, de l'ail, de la muscade. Ça fait une heure que ça cuit tout doucement...


    10 mai, 2009

    Ultra gauche et pourquoi donc ?

    Et bien je vais vous le dire, moi, pourquoi j'en ai marre.
    Lisez-moi bien, car si vous m'écoutiez, j'en bafouillerais d'indignation.
    Il a soixante-treize ans, il est, vous vous en doutez, en retraite. Oui mais il continue de bosser, obligé. Et malgré sa retraite et le chèque de son salaire qu'il a déposé il y a plusieurs jours, le guichetier de la banque a refusé de lui donner de la thune, sa carte, disciplinée, le lui avait, avant, refusé. Il a emprunté à mon camarade, ce dimanche soir, il n'y a pas une heure, soixante euros jusqu'à la semaine prochaine, pour bouffer...
    Là, basta ! ce que je vous raconte, je l'ai pas lu dans le journal, entendu à la radio, c'est pas de l'indignation rhétorique, c'est la confrontation immédiate avec la misère telle que l'a engendrée l'horreur libérale.

    Libre ? Libre de crever la gueule ouverte.

    Bon, vous allez me dire, pourquoi n'a-t-il pas fait l'ENA, pourquoi ne s'est-il pas fait élire député ? Au fait, c'est vrai ça ! Pourquoi ?

    Soixante euros ? Si t'étais moins con, couillon de pauvre pue la sueur, c'est le pourboire que tu aurais laissé ce soir au voiturier du Fouquet's pour qu'il te gare ta Porsche Cayenne...

    Tu mourras de faim avant que d'avoir compris ...

    Des gens bien

    Il est seize heures. Sur le kiosque, la fanfare joue, oui, ça ne se passe pas il y a cent ans, mais aujourd'hui, cet après-midi. Arrivent poussés dans leurs fauteuils roulants par deux éducatrices et un éducateur trois gamins poly-handicapés moteurs cérébraux. Mouvements désordonnés des membres supérieurs et de la tête aussi, borborygmes, cris de joies ou de tristesse quand la musique s'arrête. De tristesse, me dit l'éducateur, les éducatrices, elles, elles causent pas, contrariées car contraintes, visiblement ça les fait chier d'être de service un dimanche ; et effectivement dès que la musique repart, c'est le bonheur. C'est injuste mais c'est comme dans la vie courante, les handicapés ne sont pas égaux devant la sympathie et c'est ce qui fait qu'ils sont bien, quoique d'aucuns pensent, comme le reste de l'espèce humaine, aimable ou non. Le moins abîmé se lève alors péniblement de sa chaise au risque de se vautrer dans le gazon, mais y parvient avec l'aide de l'éducateur qui lui est, c'est le cas de le dire, dévoué. Et ils dansent tous les deux, comme deux ours entravés. La gamin qui doit avoir dix-sept ou dix-huit ans tient à la main une pelle en plastic bleu dont il se frappe la tête par moment, il ne la lâche pas, il danse... et épuisé finit par s'asseoir dans l'herbe. Il écoute maintenant, il rit . Il aurait été beau, très beau, si... Je discute avec l'éducateur, qui passe son temps à le bichonner, comme si c'était son enfant, essuyer sa salive qui coule, interpréter ses demandes, ses besoins, lui parler, le stimuler. Jeannot, c'est un cumulard, poly-handicapé et autiste. Il a pas été loupé, la totale. Pour son éducateur, le fait qu'il se soit mis, pour la première fois, à danser, c'est un signe, un remerciement de sa part. Il est heureux, l'éducateur, de l'avoir vu danser, il y a un an, il ne marchait pas. La fanfare s'arrête, le concert est fini, je présente un tambour à Jeannot. Il a tout compris, il le frappe du plat de la main, comme il faut, trois fois, peut-être quatre, puis, d'un seul coup, comme si c'était assez pour aujourd'hui, il bascule et repart dans ses rêves, rideau !

    L'éducateur, il est tout jeune, à peine plus âgé que celui dont il a la responsabilité, eu peu rebeu aussi et il materne un bébé qui sera bientôt majeur. Il m'avoue... qu'il faut le faire manger, le torcher, le consoler, le brasser et que comme il est grand et lourd et bien souvent inerte c'est lui qui s'en charge et qu'il en est heureux... Il me raconte en me priant de le croire et je le crois, que Jeannot s'il ne parle pas, il connait la musique, qu'il fredonne des chansons de Brassens, Margoton en particulier.

    Voilà, ça fait du bien de voir des gens bien.

    François Bégaudeau et les stades.

    François Bégaudeau, professeur à succès et ancien écrivain ou le contraire peu importe, publie un ouvrage collectif sur le Sport et la Politique ou l'inverse c'est pas grave. Il cause bien Bégaudeau et de plus en plus de tout ! Il est péremptoire mais avec en permanence un coefficient minimum de pondération des certitudes... des fois qu'il y aurait controverse... Bref, adroit. Il cause de ce bouquin, dont le titre quel que soit l'ordre des propositions tient, à l'évidence, du truisme absolu au point qu'il nous fait l'économie du célèbre "Panem et circences", tant mieux. Ça aussi on s'en fout,. Mais dans son discours fort brillant il en vient à parler du stade. Le stade, lieu emblématique du sport, mais aussi de la politique (souvenez-vous Charléty, mai 1968 ou Royale 2007 ! ). Voila c'est tout...

    C'est un peu court jeune homme...Quand on se met à plusieurs pour traiter un sujet, on peut être exhaustifs, non ? Tenez aujourd'hui le pape, où dit-il sa messe en Jordanie ? Dans le grand stade d' Amman. Ça c'est pour la rigolade... Car le sport (et particulièrement le foot, paradigme de toutes les manipulations par abrutissement des masses au profit des classes dirigeantes) a, après l'avoir concurrencée, remplacé depuis longtemps la religion dans l'armoire blindée des opiums des peuples...

    Maintenant on va redevenir sérieux....
    Le Vel'd'hiv', juillet 1942. C'était pas un stade le Vel'd'hiv' ? Et les 13500 juifs qu'on y entasse en quelques heures, c'étaient des coureurs cyclistes ? Le stade national de Santiago du Chili, 1973, dès l'arrivée de Pinochet ? les 40.000 personnes qui y furent internées, c'étaient des athlètes en compétition ?
    Savez-vous qu'il est probable (le bruit en courait au moment de sa (re)construction), que le Parc des Princes aurait, sa configuration peut le laisser penser, été conçu pour, le cas échéant, servir de lieu de rétention de masse...

    Voilà, il faut en convenir, François Bégaudeau malgré son aisance et son plaisant bagout de bonimenteur d'idées recyclées n'est pas très sérieux.

    Allez, pour faciliter le transit, on va se lire une demi-page de Guillaume Musso, pas plus, c'est pas la peine. Il est beaucoup plus nul, mais de facto, tellement plus rigolo, Musso...

    08 mai, 2009

    Gestion ménagère et exotisme incontrôlable

    Cet après midi nous sommes allés faire les courses. Le frigo et le congélateur ressemblaient à un compte en banque après les sub-primes ! Bref, ça criait misère ! On a acheté plein de trucs mais finalement rien pour bouffer ce soir...Ca arrive, c'est comme ça... Alors, on est, en revenant de Paris plus tôt que prévu pour cause d'erreur festive, passés au Carrefour du coin... Et qu'est-ce qu'on a acheté ? Un film culte en DVD, du halva, des citrons confits, du houmous, de la nouille japonaise et du teryaki... comme vous le voyez, rien que de l'indispensable, de l'utile immédiat.. En rentrant, on avait un peu faim, on a donc ouvert une boite de manchons de canard et une autre de champignons sauvages qui traînaient là depuis des mois.... C'était bien la peine de faire la queue à la caisse, même de - de 10 articles ...

    Oh putain, la honte !

    Bon, comme on se faisait une joie d'en être, on est partis à 17 heures pour être corrects, à l'heure sans être en avance. Vingt minutes d'autoroute sans encombres, on est arrivés à Nation à 17h 30 ! On a trouvé à se garer juste devant l'immeuble. J'avais le code, l'ascenseur fonctionnait, la sonnette a joué "Casse-Noisette" ou un truc comme ça quand on a sonné. J'ai commencé à faire le con dès que la porte s'est ouverte... On avait tout juste ! sauf le jour ! la fête c'était pas aujourd'hui, c'est demain !...

    07 mai, 2009

    Découpations

    Elles avaient inventé un jeu : les "découpations". Il fallait à chacun juste une paire de ciseaux et des catalogues de la Redoute ou des 3 Suisses L'origine de ce jeu était ces plaques qu'on achetait qui permettaient d'habiller en les détourant avec soin des petits personnages en bristol. Mais ce qui était devenu in fine le centre d'intérêt, ce n'était plus d'habiller mais tout simplement comme s'il s'agissait d'un rituel, d'un cérémonial, de dé-cou-per. Un catalogue en couleur suffisait pour la matière et pour quelques semaines. Et nous passions des après-midi entiers, dans la lingerie, juchés sur la grande table à repasser, assis en tailleur, à découper des personnages et parfois des objets qui finissaient inexorablement comme le reste de l'ouvrage, à la poubelle. Ça vous parait fou cette histoire ? Et bien, curieusement ça ne l'était pas, car en découpant, tout et n'importe quoi, Catherine, Fanchon et moi, nous causions ! Fanchon était la plus accro stakhanoviste mais pas la moins bavarde, elle nous damait le pion à chaque séance... Je pense même au bout du compte que c'est elle qui avait inventé et le mot et la chose. Maintenant, je vais vous faire un aveu, chaque fois que je saisis une paire de ciseaux, que j'introduis mon pouce et mon majeur dans ses anneaux, je me retrouve exactement cinquante ans après dans la situation mentale qui était la mienne au moment des découpations...

    Je vous reparlerai un jour de Fanchon... Tiens, de nos randonnées ... Nous accrochions à son vélomoteur ma bicyclette avec un tendeur, élastique... Intrépide elle me tractait, à plus de quarante à l'heure, bien plus dans les descentes, on le savait, elle avait un compteur ! sans casque... nous aurions dû nous tuer cent fois... même qu'un jour dans notre attelage incertain, on s'est viandés dans un fossé du côté de Saint-Benoît, de Ligugé, la faute à un virage imprévu et serré, sans dommages et sans nous vanter...
    Nous sommes vivants, l'un et l'autre... Mais morts l'un pour l'autre puisque nous ne nous sommes pas revus depuis quarante-cinq ans...

    Roux et Combaluzier

    Louis XIV et Lully
    Napoléon III et Mérimée
    De Gaulle et Malraux
    Mitterrand et Lang (malgré tout !)

    Chirac et de Vabre, déjà ça dégénère...

    Sarkozy et Albanel...

    Déperdition...

    Voila où nous en sommes...

    Gauche, droite, ouverture et contagion

    Les partisans de l'ouverture à une prétendue gauche rappellent que Mitterrand fit de même avec la droite. D'abord on s'en fout il est mort ! Bon, ok, c'est vrai, sauf que les nouveaux venus ne devinrent pas de gôche pour autant, alors que les Besson, les Kouchner ont viré à droite à moins qu'ils l'aient évidemment toujours été.
    Ce qui veut dire en raccourci, que le grand problème de la gôche contrairement à la droite est non seulement de n'être pas contagieuse mais au contraire et de surcroît assez peu résistante aux miasmes et virus droitiers ou plus simplement libéraux... Et il semblerait que le vaccin ne soit pas encore inventé...Quand à l'infirmière en chef du PS, son coté Soeur Marie-Thérèse des Batignolles ne présage rien de bon ...

    Claude Allègre ou La Joie, toujours.

    Vous vous souvenez de l' expression,"Ducon La Joie", et bien modernité oblige, on dit maintenant, ça a de toute évidence le même sens, "Ducon Allègre", je dis ça juste histoire d'innover, car le camarade violemment socialiste et surtout dégraisseur volontaire malheureux incompris de mammouths deviendrait enfin ministre, et justement - pourquoi pas même si on ne sait pas très bien à quoi que ça va-t-y donc servir- de l'Innovation ! Septante-deux ans, un vrai d'jeun pour innover, et puis surtout comme Kouchner, un homme de gôche.
    Moi, ça me fait rigoler, ces transfuges, c'est comme les mecs avec qui on baise et qui vous jurent croix de bois-croix de fer qu'ils sont hétéros. Quand on fricote avec la droite, et bien désolé, on est de facto un peu de droite, au moins pendant la durée de la relation... non ? Que voulez-vous, l'"Ouverture politique", c'est comme celle des sphincters, ça se travaille...

    Deux ans déjà !

    Et oui, deux ans qui dans l'histoire de France seront marqués par les soins appuyés de l'élu au sceau du fiasco politique, du déficit moral et de la médiocrité intellectuelle. Il y a de fortes chance que les trois suivants ne soient pas plus brillants. Voilà...

    L'Afrique c'est chic ! (aucun rapport avec le message précédent)

    Vue il y a un quart d'heure à Torcy RER, placardée en nombre sur les parois des abribus, une affiche où sur la photo de deux DJ en t-shirt et lunettes noires, casquettes vaillantes et à l' envers, on peut lire :
    Grande Soirée
    Afro-Sénégalaise
    DJ Bab's
    Birthday
    Tenue correcte exigée
    Baskets et Casquettes interdits

    Polo qui est plein de bon sens me dit : autant interdire smokings et robes du soir au Bal des Débutantes...
    A mon avis l'intégration se fera, c'est sûr ! par la connerie, c'est probable !

    06 mai, 2009

    Le Djembé ou quand l' Afrique se venge enfin de l'Occident !

    Pour se venger de l'esclavagisme, du trafic du bois d'ébène, de la colonisation puis de la décolonisation qui l'a livrée aux potentats africains pires encore que les colons blancs, l' Afrique, sournoise, se venge en douce. L' Afrique a produit malgré elle certes, mais produit quand même le Djembé ! Le Djembé est une sorte de tambour Malinké qu'on aurait castré, aseptisé en lui enlevant ses sonnailles, ses boites de conserve, ses capsules de bière en couronne et son aura magique pour en faire l'instrument de torture domestique de tout auditeur blanc qui soit un peu sensé... La débilité rythmique mondialisée ! Ces salauds d' africains leur ont dans leur élan vengeur livré le produit sans le mode d'emploi ! l' horreur ! Boum, boum, ba da boum... Ils se marrent les africains, qui eux, font tout sauf boum boum ba da boum ! De mon temps, quand le post pubère acnéeux cherchait à s'accoupler, il massacrait sur sa guitare à l'intention de sa promise, Jeux interdits ou El Condor pasa ! Le même aujourd'hui dans le but éternel d'une saillie ultérieure se nique les paumes, nos oreilles et mes nerfs sur des Djembés tout neufs et de vile facture... Vous l'aurez compris ! le Djembé me gonfle et son joueur me gave ! Un truc à vous rendre adepte-forcené du clavicorde mésotonique à 415 !

    Berdache ! ou les mots voyageurs

    Mon petit glossaire des gros mots poitevins, s'il récupère à son profit, comme on me l'a fait judicieusement remarquer, quelques injures et gros mots génériques, collecte aussi des mots étonnants. Tenez, tous ceux qui s'intéressent un peu à l' anthropologie sociale en général et au terrain nord américain connaissent les "berdaches". Les berdaches sont des travestis hommes homosexuels totalement intégrés au sein des tribus indiennes avec des fonctions particulières dont le descriptif peut être lu dans tous les bons ouvrages !
    Ma découverte du jour c'est dans mon glossaire, pour désigner un mec un peu efféminé voire carrément une folle exacerbée, le mot de "Berdasse" . Alors après quelques recherches, je découvre que "Berdache" vient au États Unis par le Canada, que c'est un mot d'origine italienne qui a migré très tôt en France jusque dans l'Ouest, et que les colons poitevins ayant été fort nombreux au Québec, il s'agit donc du même mot voyageur...
    Le même mot ou son avatar, injurieux pour le poitevin, est tout à fait honorable chez les indiens Amérique... Alors, où sont-ils, les sauvages ?

    05 mai, 2009

    Parlons peu mais parlons bien !

    Je vous ai dit que j'avais, arme de dissuasion, un glossaire poitevin des gros mots et des expressions insultantes.
    Allez, en voila deux, je vous les sers en français, elles restent savoureuses :
    une que je connaissais et que j'emploie souvent
    "Avoir la dalle en pente" (se dit d'un bon pochetron )
    une que je découvre et que je vais employer...
    "Avoir été baptisé avec une queue de morue" (ben couillon ! aulé du pareil au même !)

    Du divin Marquis au divin Mallarmé

    Orlando m'envoie un lien* sur un texte étonnant de Mallarmé (c'est le propre de Mallarmé que de l'être toujours ; écrire après Mallarmé, ce doit être comme composer après Bach...). Il raconte sa vision, dans le bois de Boulogne, d'un prêtre se masturbant à l'abri d'un feuillage des plus inconsistants. A l'instant même me revient en l'esprit, et l'odeur sentie et ressentie dans le même bois de Boulogne, il y a des années sous les marronniers en fleurs, et le souvenir d'un conte de Sade dans lequel un ecclésiastique (encore!) révèle à une jeune et très pure jeune fille que cette printanière fragrance étonne, que c'est celle du foutre... Je suis incapable de retrouver ce texte. Help ! qui peut me le retrouver ?

    * http://www.florilege.free.fr/florilege/mallarme/lecclesi.htm

    l'Affreux Jojo

    Vous vous souvenez de cette excellente chanson de Polnareff et Dabadie, l' Affreux Jojo :

    Ah ! je voudrais être grand et méchant
    Mais les gens
    Me bousculent... etc...

    et d' avouer parmi d'autres méfaits :

    "J'envoie les pompiers chez les flics
    Je n'sais pas pourquoi, ça m'amuse "

    Bon, là, aujourd'hui c'est les CRS qu'il envoie chez les gardiens de prison, l'autre qui voulait être grand mais qui n'est que méchant... Je crains que ça n'amuse plus personne... On vit une drôle d'époque, gouvernés par de drôles de gens...

    Démocratie et Résistance

    Cet aprèm' sur France-Cul, une super émission sur la naissance et l'évolution de la démocratie à Athènes de Solon à Périclès.
    Il ressort de tout ça, si j'ai bien compris, à y regarder de près, et finalement à mon avis, que la Démocratie n'a pour durée de vie que celle de la Résistance à la Tyrannie. Et oui, les amis, la Démocratie, c'est la Résistance, un état transitoire entre deux tyrannies, la première à peine renversée étant remplacée à moyen voire à court terme par une nouvelle tyrannie imposée par ceux qui avaient combattue, fût-ce avec courage, la précédente... Soyons donc résistants.

    04 mai, 2009

    Ça y est, nous vl'a de r'tour ! et j'en ai à raconter !

    Trois jours complets qu'on a passé là-bas ! Avec un putain de feu qui voulait pas prendre. Généralement le feu, c'est moi, je sais faire, je suis le prométhée domestique du barbecue et de la cheminée réunis et même qu'il prend toujours dès la première allumette. Là, des clous ! et que je te mets du petit bois sur du Monde et du Libé, voire du Télérama, du Canard (on n'est pas n'importe où !) chiffonné roulé en boule, et puis du bois moyen, bien sec ! avant que d'y allonger la grosse bûche sèche et moussue sitôt que ça crépite, que ça fait l'enfer ! Et bien rien à faire. Une flambée foudroyante comme une érection d'abstinent après un voeu de six mois ! mais pftt ! l'acte bref ! la retombée, la débandade plus rien ! et quand ça prend, ça fume ! Et puis j'ai fini par comprendre que quelqu'un avait mis sur le tas de bois sec le débit d' un arbre entier abattu lors de la dernière tempête, cet hiver. Du bois vert. Et bien je peux vous dire que contrairement à l'expression, une volée de bois vert, c'est sans conséquence ! Ça ne marche pas !

    Bon, mais heureusement, y avait pas que le feu ! On a bouffé comme des cochons et on a picolé comme des trous, des vins du coin, d'ailleurs, oh, rien que du bon, du délicat ! Chevreau à l'ail vert, épaule d'agneau, omelette à l'oignon, bref, du rural, du roots ! cépages anciens ressuscités, charlotte aux poires et chocolat, et puis cette fois du Sainte-Maur, une bûche, là aussi, cendrée, avec la paille au milieu, la vraie paille ! On aurait bien aimé que certains soient-là ! Vicissitudes, calendriers, on va récupérer ça au plus vite, y a du déficit !

    Je vous fais grâce du qui fache qui se produit dans tout famille à tout moment, du bémol sentimental, c'est comme ça... faut faire avec...

    Et puis on s'est promené. On a emmené notre amie Martine visiter Montmorillon, la Cité de l' Écrit et de Rannou-Métivier le roi de la madeleine au chocolat et du macaron. La sulfureuse et bien sympathique Régine Desforges native du lieu et initiatrice de cette belle idée n'a pas pu éradiquer de l'endroit l'empreinte ecclésiastique qui s'y accroche malgré le temps qui passe comme le pou à son poil. Trois églises, des chapelles, des boites à bonnes soeurs, des boites à curés, des hospices, maisons de retraites médicalisées ou non, des mouroirs en tous genres cernés par des calvaires, des vierges, partout, en haut en bas... bref, Montmorillon c'est l'antichambre du funérarium... Ça pue la mort chrétienne ou non ... La Bretagne à coté est une terre de missions...

    Ma nièce, l' "angevine" que j'aime, (mais elles le savent toutes que je les aime, en plus chacune à sa manière puisque j'ai la chance d'avoir le choix !) m'a offert un ouvrage indispensable, à peu près trente ans après que je lui offris mon Gaffiot, un glossaire publié par un certain Jean-Jacques Chevrier sous le titre de "Insultes, jurons et gros mots en Poitou-Charents, Vendée". Il a pris sa place entre mes multiples dictionnaires, et comme il est de surcroît d'un format atypique, je ne puis, (le voudrais-je ?) l'oublier. J'ai désormais une provision de mots et d'expressions dont certaines que je ne connaissais pas, vous allez être servis !

    Et puis voila-t-y pas que j'apprends que d'aucun, qui a choisi par amour le rêve américain, me lirait sans que je le sache, du fond de la pampa ou bien de la côte ouest ! Je l'ai vu ! sa soeur avait les preuves et me les a montrées ! Je lui souhaite à lui et à sa désormais femme tout le bonheur du monde et je les embrasse, tout simplement !

    On a bien fait de descendre !

    Voilà ...

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