16 septembre, 2011

Hercule au lion, ou "on n'est pas égaux devant le génie", même ou surtout en copiant...

Je vous ai, il y a quelques semaines, montré ce superbe Hercule coiffé de la dépouille du Lion de Némée, disposé en métope au dessus de l'entrée d'un immeuble XVII° du Marais et je vous faisais part de mon admiration pour le sculpteur, son habileté et ce coup de génie qui l'inspira d'incliner légèrement la tête et de faire tourner le regard du sujet sur sa gauche.



Je découvre hier, rue de la Lune, placée ici au dessus d'une fenêtre, cette sculpture fin XIX° inspirée du précédent. La composition est habile bien qu'un peu chargée, mais totalement et bêtement symétrique, rigide. Et surtout, hélas, le regard... Comment, à ce niveau, n'avoir rien compris ? Confondre à ce point Hercule vainqueur et Samson aveuglé.



15 septembre, 2011

Alien au Palais Royal...


Les Adagi d'Albinono et les Quenelles de Pachelbon, sans oublier, bien sûr, les Saisies de Vivaldon

En ce doux mois de septembre les marchands de doubles croches sont toujours et encore d'attaque, comme ils l'étaient cet été, et chaque été d'ailleurs. Leurs petites entreprises connaissent pas la crise. Tant mieux !
Et puis tout de même une mention spéciale pour Bernard Thomas le vénérable, l'ultime Grand Résistant d'avant les baroqueux, leurs foutus coups d'archet, leurs cordes en boyaux, leur diapason à 415 et leurs tempéraments inégaux...



C'est sans doute Pachelbel le vainqueur. Pas un soir où vous ne puissiez l'entendre canonner quelque part. Encore que, au regard des affiches, avec Albinoni, ça se joue sur le poteau !
Le plus extraordinaire, c'est que ça fait plus de trente ans que ça dure ! En même temps, par solidarité, je n'ai rien contre, car c'est la preuve que bonne ou mauvaise, la musique peut nourrir son homme, et sa femme aussi, car faut pas oublier, au royaume des cachetonneurs, la parité est depuis très longtemps respectée...

vous pourrez pas dire qu'on vous a pas prévenus



rue de la Lune

Mes aventures Mac Orlan

Avant-hier je me mets dans le ciboulot de lire les poésies de Mac Orlan. Que voulez-vous, j'aime ça. J'avais un petit recueil, mais ce salaud d'objet inanimé se planque, impossible de le coincer, même par hasard au détour d'une étagère... Je fonce à la bibliothèque municipale, pardon, à la médiathèque, je me ré-inscris à l'occasion et dès lors, le plus légalement du monde je sollicite aimablement l'ordinateur pour chercher les cotes d'un poète qui est quand même mort après y avoir longtemps vécu à Saint-Cyr-sur-Morin, soit à à peine deux heures de bicyclette pour un athlète comme lui et comme moi, un quart d'heure en bagnole les jours fastes...
Seulement, des nèfles ! De Mac Orlan point, rien, nada, niente, nitchevo, klum !
Je me dis tant pis, je vais à Paris demain, je passe à la FNAC et j'y ferai mon marché. Seulement, à la FNAC, Mac Orlan très peu... On me dirige alphabétiquement vers Marc Lévy... je vous jure c'est vrai... et en tout et pour tout : un seul ouvrage : La Bandera. C'est bien mais c'est peu. J'avise une autre conseillère, en lui demandant s'il y a un rayon "poésie". J'aurais demandé le rayon "Cul" qu'elle aurait été moins gênée... " "C'est à droite, après le passage" me dit-elle en catimini... J'y vais, j'y cours... Mais là aussi : niente, rien, klum, nitchevo, nada.

Mes pas me dirigent alors, c'est pas loin, vers le BHV. Ils ont tout redistribué, ce qui fait que, coup de pot, j'entre sans l'avoir cherché directement par le rayon librairie. J'avise un mur de livres, nickel, bien tenu. A la lettre M : Mac Orlan Poésies documentaires complètes Nrf Poésie Gallimard, six euros et des crottes. Cinq minutes caisse comprise.

La FNAC ? non mais, vous rigolez !

Vive le BHV ! La preuve, vous pouvez y acheter en une seule fois, Mac Orlan, des rideaux, vos slips, des joints de plomberies, en payant à la même caisse...
Essayez à la Fnac ...

C'est quand même mieux maintenant !

Quand j'étais jeune, y en avait déjà des scandales, mais beaucoup-beaucoup moins ! Ok, on les étouffait mieux.
Tenez, le plus ancien dont je me souviens, c'est les Ballets Roses qui avaient dans les années cinquante entrainé la démission du président de l'Assemblée, rien moins.
Et puis après les mœurs, les premiers scandales de fric, le scandale de la Villette... suivi de loin par la Garantie Foncière et un certain Gabriel Aranda, les extraordinaires avions renifleurs du délicieux Albin Chalandon. De gros scandales, certes, mais moins nombreux. En revanche, faut reconnaître les petits "plus" du point de vue de la narration, du suspens, y avait parfois, c'est quand même bath, mort d'homme... Ben Barka, de Broglie, Boulin.
A chaque époque son style

Je parle au passé, mais je suis con, c'est pas fini...

Madame P.Cresse et Monsieur Papa Andréou

entendu ce matin dans le poste, le porte-parole du gouvernement annoncer le succès de la vidéo-conférence entre Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et Papa Andréou. Bravo Madame P.Cresse.
D'autant plus que, des Papandreou, c'est pas le premier. Son père Andreas et même son grand père Georges furent comme lui premier ministre...

Honnêtement, dans un autre genre, ça vaut bien le Zadig et Voltaire du merveilleux Lefebvre.

Paris Ville-Prière

Les musulmans de Paris ont reçu officiellement depuis hier des locaux à vocation de salles de prière, équipés, et dans des lieux accessibles. C'est très bien.
Cette amélioration du confort des fidèles s'accompagne en revanche d'une interdiction de prier dans la rue.
Nous attendons donc tous, en raison de la multiplicité des lieux de prière catholiques dans Paris, que soient enfin interdites et pour les mêmes raisons, les processions mariales qui se déroulent entre Cité et Ile Saint-Louis et vers Saint-Nicolas du Chardonnet le 15 août.

14 septembre, 2011

Une histoire drôle que racontait mon père

Mon père ne racontait pas d'histoires grasses ou graveleuses, en tout cas, pas devant moi.

Lady et Lord Y ont eu un fils sur le tard. Il va bientôt avoir seize ans et Lady Y, certes old fashion mais gagnée par la modernité, s'inquiète un peu de son éducation. Il doit partir pour Oxford ou Cambridge, peu importe, et il serait temps (n'est-il pas ?) de l'informer des choses de la vie. Un soir à dîner, alors qu'ils sont seuls dans la grande salle à manger du manoir, Lady Y dit à son mari :
- Archibald dear, vous savez que notre fils doit nous quitter pour Oxford (ou Cambridge !) d'ici peu. Il serait temps que vous lui appreniez , comment dire ? les lois de la nature .
- Plait-il ma chère ?
- Oui, lui expliquer ce qui est à l'origine du fait que nous avons aujourd'hui le bonheur de nous questionner pour lui à ce sujet, if you see what I mean...
- Certes, ma Chère, certes, mais je ne vois pas vraiment comment !
- Eh bien, dear, que sais-je ? parlez lui des abeilles, c'est charmant les abeilles, ne sont-elles pas?
- Très bien, mon amie, très bien, je lui en parlerai dès demain
Le lendemain, Lord Archibald invite son fils à une promenade postprandiale dans le parc, près de ce bassin délicieux où flottent des nymphéas. Il s'éclaircit la voix et lui dit :
- Mon fils, vous vous rappelez que l'an passé, à pareille époque, nous avons fait à cheval une longue promenade ?
- Oh oui, Père, je m'en souviens !
- Vous vous rappelez aussi qu'au bout d'une heure, nous nous sommes arrêtés abreuver nos montures dans une de nos fermes.
- Oui, Père je m'en souviens fort bien.
- Vous n'avez pas oublié, j'imagine, que je m'en fus avec la fermière dans sa chambre tandis que vous partîtes avec sa fille dans la sienne et ce que l'un et l'autre nous y fîmes ?
- Mais oui, Père, j'en garde un souvenir délicieux.
- Eh bien, votre Mère me charge de vous dire que pour les abeilles, c'est exactement la même chose.




Histoire de champignons

C'est la saison.
Mon père, moitié périgourdin moitié bordelais, avait, même s'il n'eut jamais vécu dans ces régions, gardé et tissé des liens avec des autochtones. C'est ainsi qu'il avait pour mentor, un personnage étonnant, ingénieur, inventeur, qui avait de la fortune, un peu de vigne aussi et mille et une idées. Une sorte de "Courtial des Pereires" de "l' Entre deux mers", mais pas calamiteux car fort bien établi. Ils inventèrent ensemble, entre autres, la machine à laver à ultra-sons. Ça marche... Je vous en reparlerai.
Mais ce n'est pas le sujet de ce post.
Cela se passe, je crois, après la guerre. Mon père est en visite chez ces amis dont madame est marraine d'une de mes sœurs. C'est l'automne, il fait doux et l'on part aux champignons, aux cèpes, bien entendu. On revient paniers chargés et comme il y a des invités et qu'on est dans une bonne maison, on confie la récolte à la cuisinière, eh oui, c'est un peu une histoire d'une autre époque. Mais l'hôtesse, méfiante, émet quelques doutes sur la qualité et surtout sur l'absence de risque, une amanite, même un morceau, petit, vous savez, on ne sait jamais ! Le maître de maison pour calmer les angoisses propose, sûr de lui, qu'on en donne un peu, une fois cuits, à son chien qu'il adore. Et c'est ce qu'on fait. La soirée est charmante, on prend l'apéritif sur la terrasse de ce que dans le bordelais on appelle un château. Et puis l'on passe à table. On dîne, on cause, on boit et tout est parfait, le chien est venu au milieu du repas et après une caresse son maître l'a fait sortir.
Et c'est sur les onze heures, on en est au café, aux liqueurs, aux cigares, dans le salon et dans le fumoir, que la cuisinière arrive hors d'haleine :
"Madame, Monsieur, le chien est mort, le chien est mort ! "
Et toute la compagnie de sortir dans le parc se faire vomir en hâte et sans vergogne sans même entendre la question du maître de maison :
" Mais enfin où est-il ?"
" Mais sur la route, Monsieur, sur la route, devant la grille, une voiture vient de l'écraser..."
Je n'ai jamais su si mon père avait vécu cette histoire, si elle faisait partie de la mythologie bordelaise ou s'il l'avait inventée, qu'il racontait si bien. D'ailleurs, c'est pas grave, c'est une histoire... et moi, les histoires, j'aime ça.

13 septembre, 2011

L'outil, comme chacun sait, est le prolongement de la main

Ici, ce sont les ongles du majeur et de l'annulaire de ce canut nippon qui ont été "instrumentalisés", taillés pour devenir des peignes très fins. C'est donc la main elle-même qui devient son propre outil, son propre prolongement. Je trouve ça extraordinaire, car terrifiant aussi.


cliquez les images pour les agrandir
C'est dans le n°165 de janvier 1984 de l'excellente revue National Geographic

Kiejman et la chiraquienne anosognosie

Ça y est, il a répondu, l'ancien ministre de gôche avocat des riches de droite, à la question que je posai hier.

"Jacques Chirac n'en est pas au point
de ne pas se souvenir de ce qu'il n'a pas fait "


Moi, ce genre de formules d'avocat de province années trente élevé chez les jésuites, autant dire : j'en raffole.

12 septembre, 2011

Poulet au curry... ou c'est pas parce qu'on est tout seul qu'il faut se laisser dépérir !

Polo étant parti quelques jours dans le Limousin, je me fais en son absence le petit curry de poulet qu'on se serait fait à deux... y a pas de raison !


Bien sûr, tout est dans la marinade !
- vous coupez vos blancs de poulet aux ciseaux en petits cubes
- vous les placez dans une assiette creuse et vous les recouvrez de marinade.
Oui mais quelle marinade ?
Bôh, c'est simple.
- de la ciboulette ou de la ciboule, voire les deux
- de l'ail en gousse (trois ou quatre, selon la taille) et de l'ail en poudre, car ça se mélange avec ce qui suit.
- du jus de citron (du Pulco, c'est parfait)
- du gingembre râpé ou en poudre, ça marche dans tous les cas. ( évitez quand même le confit...)
- de la sauce soja Kikkoman, car ça reste encore la meilleure pour le prix .
- de l'huile de sésame
- et, juste par œcuménisme culinaire, un peu de vinaigre balsamique, du vrai, du bien épais...

Voilà. Vous laissez mariner. Normal, c'est une marinade ! (trois ou quatre heures) en recouvrant l'assiette, c'est un peu comme une centrale atomique, faut confiner et éviter les fuites !

Quelques heures après, donc, au moment où las d'une dure journée de labeur vous commencez à avoir la dalle, vous égouttez le poulet en réservant la marinade. Dans votre wok favori, vous faites chauffer à donf à la manière chinoise, de l'huile d'olive. Vous y précipitez vos morceaux de poulets, vous les dorez puis vous ajoutez la marinade, un peu d'eau et deux carrés de ce merveilleux curry hot japonais dont vous avez toujours au moins une boite d'avance...

Vous laisser mitonner ce qu'il faut. Ajoutez un peu d'eau de temps en temps, faut pas que ça grâle, et si vous êtes vicieux comme moi, un ou deux bouillons Cube. Pas la peine de saler !

Quand ça devient un peu caramélisé mais pas trop, c'est bon ! On sert avec des choux de Bruxelles, des lentilles, des haricots verts... même des trois si l'on veut.

Voilà... C'est quand même pas compliqué !

de fil en aiguille ou d'une pensée l'autre...

dédié au P.S. français


Anosognosie à la carte

Robert Bourgi personnage, paraît-il, important de la Françafrique raconte qu'il a, il y a 16 ans, refilé à Chirac et à Villepin pour frais de campagne des malles de biffetons offerts par des potentats africains.
Chirac qui depuis quelques temps ne se souvient de rien, mais alors de rien ! au point d'être dispensé d'assister à son procès, retrouve soudainement la mémoire et porte plainte pour diffamation contre Robert Bourgi.
L'Anosognosie, maladie évidemment fluctuante, n'est pas près d'être vaincue.

11 septembre, 2011

Il faut aussi penser aux survivants / Lu sur Gawker

Marcy Borders, survivor

Borders was a new Bank of America hire and at her job when the first plane hit the north tower, where she worked. Her boss told her to stay working, but Borders listened to her gut and left in a hurry. (Note to self: Don't listen to your boss.) Then the tower collapsed. A photographer caught her in a nearby building lobby and took a picture of her while she was covered in dust. Hence she became "the dust lady."
Borders went through tough times after 9/11, but she just completed a rehab program this year and calls the death of Osama bin Laden "a bonus" in her recovery. Whatever works.

C'est sur http://gawker.com/5838424/the-stars-of-911-where-are-they-now

Le plus curieux dans cette terrifiante histoire...

c'est que dans l'attentat contre les Twin Towers, se sont retrouvées intimement et pour toujours mêlées les cendres de 2 973 victimes et de 10 terroristes.
Dieu reconnaîtra les siens...

Prémonition ?


illustration d'une revue américaine des années cinquante.
Sur cette image, c'est visiblement Moscou qui est visée.

10 septembre, 2011

Fulgurence poétique de Nougaro :

"l'océan, bel esclave bleu qui remue ses chaînes"

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