12 novembre, 2012

l'aphorisme du soir

On nous dit : il ne faut pas frapper son ennemi à terre. Bon... Mais alors, quand ? 
Lucien Guitry

Extrémités

Il n'y a que deux compétitions sportives qui me fascinent. Le cent mètres et le Vendée Globe, deux courses en solitaires. L'une dure quelques secondes, l'autre quelques mois.
J'aime également ces deux extrémités.

L' hyperbate est la meilleure et la pire des figures de style.


Pour preuve :
"Elle a vécu, Myrto, la jeune tarentine" , vers sublime d'André Chénier,
mais aussi :
"Car elle est morte Adèle, Adèle ma bien aimée" , chanson populaire.

11 novembre, 2012

deux pour le prix d'un : Lou & Laurie, superbe, non ?


Philippe Meyer l'a fait, ça y est !

Je me disais bien qu'un jour, il la ferait, celle-là, le pompeux ravi  !
Il a enfin parlé hier, d'une chanson éponyme  ! wouaouhhh !
Ce qu'il y a de bien avec Meyer du Modem, c'est qu' à court, moyen ou long terme, il est prévisible!  
Bientôt "Meyer" lui-même va devenir éponyme. Le préfet Poubelle éponyme emblématique avait donné son nom  à un récipient destiné à recueillir les déchets avant qu'on les ramasse. Je pense  que Meyer va offrir son patronyme au typique bavard hertzien auto-satisfait. Il va perdre son M majuscule, et l'on pourra dire " hier soir chez des amis, j'ai rencontré un meyer" ou mieux encore nous irons voir une pièce cruelle "Un diner de meyer".   C'est pas donné à tout le monde de devenir éponyme !  

noms et prénoms "ça fait sens" comme on dit aujourd'hui !

Si vous êtes réunionnais et que vous ne vous appelez pas Payet, vous avez de fortes chance de vous appeler Hoarau...
Quand j'étais gamin dans mon collège privé catholique, les petits hobereaux poitevins que j'avais pour compagnons de classe s'ils ne s'appelaient pas Hugues (de La Rochebidule) s'appelait forcément Hubert (du Montmachin)...
C'était la minute de sociologie !

09 novembre, 2012

Un coup de bâtoué !

Un coup de bâtoué, dans le Pouétou c'est un coup de bâton, dans tous les sens du terme, c'est donc aussi  la surprise qui vous cloue au sol. 
La semaine dernière je me suis ramassé un coup de bâtoué derrière les oreilles, un gros, de ceux  qui vous assomme.  
Quand quelqu'un que vous aimez, que vous estimez vous avoue entre le fromage et la grimole qu'il devient raciste et qu'il a voté Front National au premier tour des présidentielles, ça perturbe... Vous vous dites d'abord qu'il déconne, qu'il provoque, que c'est de l'humour, certes de mauvais goût mais un joke quand même. Hélas, un bon quart d'heure de discussion après, il vous a convaincu: oui, il a bien voté Le Pen au premier tour et Sarko au second. Sarko, encore, joker ! Mais avouez que Le Pen, ça a de quoi vous trouer le cul...
Vais-je l'aimer moins pour autant ? C'est bien ce qui me taraude depuis une semaine car je crains que la réponse soit dans la question.
Un coup de bâtoué, je vous le disais 

Quand le pauvre Sardou plagiait lamentablement Brel

Brel
LA... LA... LA... 1967



Quand je serai vieux je serai insupportable
Sauf pour mon lit et mon maigre passé
Mon chien sera mort ma barbe sera minable
Toutes mes morues m'auront laissé tomber
J'habiterai une quelconque Belgique
Oui m'insultera tout autant que maintenant
Quand je lui chanterai Vive la République
Vivent les Belgiens merde pour les Flamingants...
La... la... la...
La... la... la...

Je serai fui comme un vieil hôpital
Par tous les ventres de haute société
Je boirai donc seul ma pension de cigale
Il faut bien être lorsque l'on a été
Je ne serai reçu que par les chats du quartier
A leur festin pour qu'ils ne soient pas treize
Mais j'y chanterai sur une simple chaise
J'y chanterai après le rat crevé
Messieurs dans le lit de la Marquise
C'était moi les quatre-vingt chasseurs...
La... la... la

Quand viendra l'heure imbécile et fatale
Où il paraît que quelqu'un nous appelle
J'insulterai le flic sacerdotal
Penché vers moi comme un larbin du ciel
Et je mourirai cerné de rigolos
En me disant qu'il était chouette Voltaire
Et que si y en a des qu'ont une plume au chapeau
Y en a des qui ont une plume dans le derrière...
La... la... la
La... la... la

Quand je serai vieux je serai insupportable
Sauf pour mon lit et mon maigre passé
Mon chien sera mort ma barbe sera minable
Toutes mes morues m'auront laissé tomber


Sardou 1980

Quand je serai vieux,
Je serai teigneux comme un chien
Et méchant, exigeant, emmerdant.
Je casserai ma canne sur les chevelus,
Les barbus, les chanteurs, et les musiciens,
Des vauriens
Mais chaque fois que j'en aurai le temps,
Entre un calva et un petit blanc,
Je raconterai qu'il y a cinquante ans,
C'était autre chose d'avoir vingt ans,
Qu'on n'était pas comme ces blancs-becs,
Malades au dix-huitième cul sec.

Quand je serai vieux,
Je serai, sous mes cheveux blancs,
Egoïste, anarchiste, emmerdant.
Je montrerai mes fesses à la gendarmerie,
Aux barbus, aux maires, aux élus du pays,
Des brebis,
Mais chaque fois que j'en aurai le temps,
Entre un calva et un petit blanc,
Je referai l'histoire de France
De Charles de Gaulle à Mendès France
Et si personne ne m'interrompt,
sur le trône un Bourbon.

Quand je serai vieux,
J'aurai des petits-enfants,
Mes gamins, mes copains, mes garçons.
Je n'avouerai qu'à eux ce qui a fait ma vie,
Mes chansons, mes folies et mes femmes aussi,
Des jolies,
Mais chaque fois que j'en aurai le temps,
Entre un calva et un p'tit blanc
Je leur montrerai la grand-mère
Qui m'a subi sa vie entière
Et si y'en a un qui rigole,
J'te jure que j'lui mets une torgnole.

Comme au temps du vieux temps,
Du bon temps...

Oh si y'en a un qui rigole,
J'te jure que j'lui met une torgnole.

Comme au temps
Du bon temps,
De mon temps.

08 novembre, 2012

Juliette des Esprits

Probablement le moins connu des films de Fellini, et peut-être le plus étrange, en tout cas l'un de mes préférés. 

La photo est le fruit du hasard et le spaghetti à l'oignon délicieux ...

Je pense à ça tandis que je fais frire des oignons...
J'ai connu dans une vie antérieure un photographe palermitain qui cuisinait d' excellents spaghetti. Sa recette était simple. Il faisait  griller de très  fines lamelles d'oignon dans de l'huile d'olive auxquelles il ajoutait une bonne pointe de piment.
Il se trouva par le plus pur des hasards avec son Hasselblad à l'heure précise  où eut lieu à cent mètres de lui  l' attentat qui tua le juge Falcone.
Puisque je vous le dis, la photo est fille du hasard. 

Boris Vian in "Chroniques du Jazz":


"Le bon vieux temps - vous savez, l'occupation, 
quand on était les Algériens des Allemands".

07 novembre, 2012

Rumeurs... toujours...

Le maire de ma commune a, contre toute attente, donné sa démission il y a quelques semaines, soit presque deux ans avant la fin de son mandat.
Pour ceux qui rêvent du pouvoir, oublieux de Sylla et Tibère, s'il est une chose fort incongrue, c'est bien de l'abandonner sans contrainte quand on le tient ...
Alors bien sûr, les rumeurs qui avaient pointé le nez quelques jours av
ant sa démission n'ont fait que croitre et embellir. Et l'on évoqua l'imminente révélation de casseroles, que dis-je, d' une vraie batterie qui l'auraient poussé à quitter en hâte ses fonctions
Mais depuis, pas même le moindre tintinnabulement.
C'est donc que, voyez-vous, s'il n'est pas parti pour cause de malhonnêteté, ce ne peut être que pour raison de santé...
La vox "populo" est ainsi faite. Ne pouvant plus rêver de l'envoyer en taule, elle nous l'expédie à l'hosto..

06 novembre, 2012

Instantané dans ma rue

Cet après midi en rentrant de la promenade d'Oscar le Chien, là où nous marquons une pause au carrefour avant de traverser, une jeune fille attend tandis qu'un jeune homme au loin descend vers elle à bicyclette.  Elle, black et callipyge, doit avoir quinze ans, elle déjà roulée comme un dessin de Crumb, collant de laine noir et par dessus tout ça une minijupe  pas plus large qu'une ceinture. Lui sur son vélo, il approche, une djellaba sur son jean ; le même âge qu'elle. De toute évidence ils se connaissent. Elle l'appelle de l'autre coté de la rue, mais il ne veut pas traverser, elle insiste, mais il  continue de rouler en lui criant dans sa fuite : " Non je peux pas, non je peux pas !", avant de disparaitre au carrefour suivant.  Il y a  un an, il devait porter une casquette de caill'ra. Aujourd'hui une calotte. Dès qu'il aura trois poils, sûr, il se laisse pousser la barbe, Quant à l'Impure, elle n'a plus qu'à en draguer un autre...     

05 novembre, 2012

La vie d'un petit air triste...

J'ai choisi cette version parce que c'est celle dont le tempo me convient le mieux. Cette chanson éisabéthaine ne vous est pas étrangère car elle a connu plusieurs avatars. C'est d'abord Prokofiev qui l'emploie dans "Lieutenant Kijé" et puis Sting dans "The Russians" Certains prétendent qu'étant persuadé que cet mélodie était de Prokofiev, il aurait demandé à ses ayants droit l'autorisation de l'employer, ce qui de la part d'un anglais, semble assez invraisemblable... 


La mosquée de Poitiers


Mais tout n'est pas raté à Poitiers !

Comme c'était tout près du cimetière, je suis allé voir la mosquée.
Ce n'est pas fini, mais elle va être superbe. De belle taille, elle ressemble avec son minaret en forme de campanile à un petit palais vénitien.

Poitiers, sous les pavés, Poitiers



Cette place que j'ai connue enfant réduite à l'état de parking fut aménagée dans les années soixante-dix comme on le faisait à l'époque, en y plantant des arbres qui abritaient l'été les terrasses des bistrots, au milieu une dalle entourée de massifs cernée par un  muret sur le pourtour où l'on pouvait s'asseoir, "on aurait dit le sud"... Les autos certes passaient autour, les bus aussi, mais lentement sans être une véritable nuisance, pas au point en tous cas de justifier la transformation de l'endroit qui est désormais aussi gai et accueillant qu'une place d'apparat à Pyongyang ou l' Alexanderplatz d'avant la chute du mur. Ce lieu où l'on s'asseyait volontiers se traverse désormais en hâte, comme si l'on craignait big brother... Les arbres ont été pour la plupart éradiqués, et toute la surface aplanie et légèrement en pente, mais dans le mauvais sens bousculant la perspective de la manière la plus idiote puisqu'elle donne l'impression que l' hôtel de ville s'enfonce... Les sols de la place, de la rue qui la relie à la préfecture et de toutes les rues piétonnières à l'entour sont pavés exactement de la même couleur, d'une sorte de marbre coquille d'œuf qui donne par cette uniformité forcenée une allure de pissotière géante à tout le quartier.

Mais comme de toutes façons, le nouveau plan de circulation de la ville destiné à proscrire tout usage de l'auto vous envoie par un dispositif centrifuge irrémédiablement vers l'extérieur, vous vous découragerez d'y entrer et ainsi n'en verrez pas la pitié.

J'espère qu'au moins ça a coûté très cher, et que les poitevins, pénalisés par leurs impôts locaux expient cette monstruosité qu'ils ont sans tiquer laissé faire.

04 novembre, 2012

La pancarte du jour (Buxerolles, Vienne)


Le temps est un allié sincère et ambigu


Une partie de ma famille continue de voir un jeune (?) homme avec qui j'ai vécu cinq ans  environ et dont je suis séparé depuis plus de quinze ans. D'aucuns seraient furieux de ce que cette relation  perdure. Mais je n'y vois personnellement pas de problème. D'abord parce que chacun fait ce qu'il veut, ensuite parce que j'estime que si l'on vit en couple, on existe indépendamment de son conjoint, avant  et après la séparation, enfin, faut être honnête, parce que c'est quand même moi qui l'ai ramené, je ne peux donc à ce titre faire le moindre reproche à quiconque.
J'ai passé de très bons moments avec lui,  et je ne pense pas qu'il fût radicalement différent quand nous nous sommes quittés de ce qu'il était le jour de notre rencontre, car c'est plus le regard qu'on porte sur lui que l'être humain qui change. Mais un jour nos pathologies ont cessé d'être compatibles. Nous nous sommes donc séparés avant que ça tourne vinaigre et devienne pénible, et comme généralement je n'aime pas  ce qui se délite, ça n'a pas dû prendre trois jours si ma mémoire est bonne et quelques semaines après pour régler les questions techniques. Ca a été extrêmement  rapide et je ne l'ai plus revu depuis sauf une fois, quelques années après  et d'un peu loin, pour l'enterrement d'un ami commun.  Je ne pense pas que depuis  le jour de notre séparation, je lui ai  plus manqué qu'il ne m'a fait défaut.
Je parle de ça aujourd'hui parce qu'à l'occasion de la Toussaint, j'ai dit à ces membres de ma famille qui me sont chers et qui continuent de le voir  que ça m'est totalement égal, mais  je sais depuis quelques heures seulement honnêtement pourquoi. C'est tout simplement, parce que le temps passant,  n'ayant gardé aucune photo ni aucune trace de notre vie commune, je l'ai physiquement et mentalement  rapidement oublié, mais oublié au point de ne plus vraiment me souvenir de sa voix, très vaguement de son visage, bref, fondu enchainé, nada, rien. Je vais donc pas emmerder le monde pour rien.  J'en parle d'autant plus librement qu'il y a peu de chances qu'il lise ce blog.        
Le temps est un allié sincère et ambigu, il ancre, c'est selon,  les souvenirs autant qu'il les dissout.      

Richard Hills ? je suis fan !

ne vous fiez pas aux apparences... derrière cette allure de petit comptable propret se cache un monstre de virtuosité et d'humour...



André Ving-trois, les homos et les mots...

André Ving-trois (à ne pas confondre avec le sublime et homosexuel Jean du même nombre), baderne cardinalice vient encore de nous faire une de ces saillies de derrière la mitre  dont il a le secret. Le mariage entre personnes du même sexe est une "SUPERCHERIE" dit-il, "élément de langage"  probablement sorti d'une ecclésiastique cervelle communicante.
 Faut dire que venant de la part d'une personne dont le fond de commerce repose sur l'histoire d'une vierge qui enfante des œuvres du Saint Esprit un garçon qui finira par changer l'eau en vin, multiplier les pains et dupliquer les poissons, on est on droit de reconnaître que côté supercherie  l'ensoutané  de rouge sait de quoi il cause, à moins qu'il y croie pour de vrai... C'est pas impossible. En attendant, il ose ! Faut dire que depuis Audiard, c'est même à ça qu'on les reconnaît.

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